XYSMA
- Xysma -
2004 (
Spikefarm
) |
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CD 1 1
Why am I I? 13
One more time CD 2 1
Intro 20
On the hill of desecration - 7" 23
Foetal mush 14/20 |
Une bonne grosse double compile pleine
à craquer signée Xysma. Sur le CD 1, on retrouve rien
de moins que les deux premiers albums: Yeah (1990) et First and magical
(1992). Il vaut à lui tout seul l'achat de cette compile, et,
accessoirement le 13/20 accordé dans cette chronique. Xysma s'y
montre particulièrement créatif, dans un style halluciné
et méchant n'excluant pourtant ni un peu de tranquilité
ni l'humour. A défaut d'être absolument indispensables
à toute personne s'intéressant un tant soit peu au metal
extrême, les deux premiers albums du groupe font partie de ces
disques "un peu moins essentiels" sur lesquels tout véritable
amateur de metal finit pourtant par se pencher. On aura en revanche
du mal à s'enthousiasmer autant pour le CD 2. A mon sens c'est
juste un (gros) bonus pour les fans endurcis de Xysma. Un CD très
inégal qui regroupe des enregistrements plus anecdotiques (Swarming
of the maggots, Fata morgana et Above the mind of morbidity). Les deux
derniers ne sont pas vraiment mauvais... mais ils se rapprochent des
albums du CD 1 en moins bien et avec un son pas terrible. Quant à
Swarming of the maggots, ça ne m'a pas enchanté du tout!
Le contraste est vraiment saisissant dans la mesure où j'aurais
du mal à parler encore de créativité. Dix-neuf
titres de grind totalement aplati, où les voix sont ce qui présente
le plus d'intérêt et où les instruments semblent
ne faire que les accompagner. Si les voix ont (un peu) d'intérêt,
c'est parce qu'elles sonnent... comment dire... complètement
liquides (merci les effets en tous genre je pense). C'est assez bizarre.
En tout cas ça accroche les oreilles et, par moments, on se dit
qu'ils tiennent quelque chose, une sonorité unique à défaut
de mieux: le mélange de ces voix avec le jeu des musiciens donne
un résultat coloré et absurde, avec un je ne sais quoi
de cérébral. De plus, le côté "groupe
de jeunes répétant dans un garage des compos sans prise
de tête" est présent, et on peut apprécier
cela mais moi je m'emmerde ferme. C'est très sympa l'ambiance
"faisons grinder Mais revenons à Xysma et à leurs très intéressants Yeah et First and magical. Les deux albums se ressemblent beaucoup, même s'ils mélangent clarté et obscurité dans des proportions différentes. En quelque sorte, First and magical est plus clair que Yeah: moins de rythmes épileptiques, moins de grogne, plus de mélodies insolites et des influences un peu plus power metal américain (saccadé), là où Yeah est plus nettement death grind, sans être pour autant un album de grind ou de death non plus... mais First and magical n'est pas non plus un disque de metal ricain, oh ben non, il s'adresse à un public nettement plus averti que celui né dans la période glorieuse de Pantera ou de Machine head. De toute manière si on veut classer Xysma dans une catégorie précise on n'est pas couché. Death. Grind. Doom death. Rock déconneur. Evil rock (?). Petit côté enfumé. Petit. Vraiment petit. Mais incontournable. Et si la musique de Xysma n'était qu'un gros fourre-tout plus ou moins crédible, mélangeant tout et son contraire afin de faire parler de lui? La question est légitime, d'autres ayant déjà prouvé que ce genre de stratégie pouvait payer. La réponse est non. Point de stratégie ici. Tout coule de source. Les influences se fondent dans un matériau unique et sans faille. Les musiciens de Xysma sont juste assez libres dans leurs têtes pour transformer, par un certain sens du groove ou par leur mordant, des accélérations death/grind en manisfestations infernales. Les musiciens sont juste assez libres pour faire succéder à un exercice rythmique à la Napalm Death une mélodie qui pourrait figurer dans le générique d'une série américaine familiale et gentiment crétine. Les musiciens sont juste assez libres pour donner une certaine portée spirituelle à une musique qui semble à première ouïe (on dit bien "à première vue", non?) dépourvue de cervelle, comme si elle était la bande son d'un petit monde peuplé de sympathiques créatures imbéciles. Les musiciens sont juste assez libre pour aérer leur musique par des passages mélodieux amusants ou limite grandioses au meilleur moment, même si ce meilleur moment est celui auquel on s'attend le moins lors des premières écoutes. Les membres de Xysma sont juste assez libre pour avoir pu mettre en musique ce qu'ils avaient à dire, et ils avaient des trucs à dire!
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