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Tracklisting
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1
- Deleted Scenes I: In the Hallway of Crawling Filth
2 - The Elevator beneath the Valve
3 - Pendulum Prey (Second Incarceration)
4 - Isolation Cubicle 312
5 - Entangled in Mannequin Limbs
6 - This, Then, is Paradise?
7 - One Day You Will Understand Why
8 - Deleted Scenes II: In the Gauze-Womb of the God Becoming
19/20 |
Insérez cet album dans votre
lecteur CD, installez vous confortablement, toutes lumières éteintes,
appuyez sur play et fermez les yeux…
Vous êtes projetés dans un futur dévasté,
un univers urbain et visqueux dans lequel le son d'AOP vous guide avec
malveillance, des bruits inquiétants, des complaintes qui résonnent
au loin, des cris perdus qui se perdent dans des ruelles sordides et
des riffs déstructurés, dissonants, sans sens réel
soutenus par une boite à rythme épileptique déversant
sporadiquement des beats saccadés, discontinus.
Cet album est une invitation au voyage, un voyage en terre poisseuse
d'où s'échappe un malaise trop perceptible pour laisser
indifférent, il vous ronge au fur et à mesure que défilent
douloureusement les 8 titres que nous ont concoctés ces Anglais
désabusés.
The Axis Of Perdition est loin du black metal, loin du metal, le groupe
crée de l'ambiance, suggère un autre monde maladif et
sordide.
"Deleted Scenes…" n'est pas descriptible, il fait partie
de ces albums qui se ressentent, se vivent, plus qu'ils ne s'écoutent
tant l'idée de départ est magnifiquement suggérée,
mise en sons, en bruits, pour générer l'image dans l'esprit
de celui qui écoute.
C'est certainement dans ce domaine que le groupe a réalisé
le plus de progrès, après deux réalisations chaotiques
et trop hermétiques pour beaucoup, ce nouvel album se veut plus
posé, moins repoussant grâce à des tempos plus raisonnables,
souvent lents, se prêtant parfaitement au savoureux mélange
de parties métallique et de longues plages atmosphériques
génialement cauchemardesque.
L'échine frémit quand résonne la voix douloureuse
sur l'horrible fin de "Pendulum Prey", toute forme de repère
s'évapore sur quelques judicieuses mesures d'un vieux jazz poussiéreux
qui s'échappe des débris d'une civilisation perdue et
il ne reste rien de réellement intacte de notre esprit quand
un sample de voix désincarnées sert de base morbide tournant
à l'infini au dernier titre de cet opus unique en son genre.
Rien à redire, tout est travaillé avec minutie pour atteindre
un but unique, nous faire plonger dans notre propre monde vu d'en dessous,
là où tout est moche, désolé, en ruines.
The Axis Of Perdition est l'un des rares groupes a s'inventer sans se
soucier du reste de la scene à laquelle il est sensé appartenir,
l'effort est louable et surtout magnifiquement payant quand le résultat
atteint ce niveau d'excellence.
Œuvre majeure d'un de ces groupes trop méconnus qui font
avancer les choses.
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