SUFFOCATION
- Souls To Deny - 2004 (
Relapse
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Tracklisting: 1.
Deceit 13/20 |
Dire que cet album était attendu est un doux euphémisme. Récapitulons. Après un début de décennie marqué par un retour fracassant du death metal, le souffle créatif est hélas retombé aussi vite qu’il était apparu, nous laissant à nouveau sur les bras une horde substantielle mais dépourvue de substance de fans qui se sont empressés d’acheter des grattes et des batteries et de monter un groupe de brutal death metal pour prendre le train en marche. 2003 : le mouvement est clairement à bout de souffle, mort né. Dans ce contexte morose, Morbid Angel n’avait pas le droit de faillir. Pourtant, après des écoutes répétées, des réflexions et détours à n’en plus finir visant à ménager un groupe si respecté et respectable, le constat est sans appel : Heretic est une putain de déception. Sur la liste des grosses attentes de cette année, il y avait aussi Suffocation, dont les rumeurs de retour se faisaient de plus en plus persistantes depuis des mois. Et les attentes sont forcément énormes. Suffocation, le groupe cultissime des années 90, pionnier parmi les pionniers du death le plus brutal et le plus sophistiqué, sans conteste l’un des groupes les plus influents, originaux et authentiques de toute l’histoire de l’underground. Après quelques spéculations sur le line up et des concerts prometteurs, Suffocation est finalement revenu à la vie après 6 années de silence, un retour qui s’appelle ‘Souls To Deny’. Après plusieurs mois, je suis enfin en mesure de donner un avis qui se veut objectif sur ce retour tant espéré, et tellement important pour tout un courant musical. On a souvent dit que ce skeud était un mélange entre ‘Effigy Of The Forgotten’ et ‘Pierced From Within’, théoriquement le meilleur du groupe. Je suis d’accord : ‘Souls To Deny’ fait fortement penser à ces deux chef d’œuvres, sauf qu’il ne possède ni l’énergie du premier ni l’aboutissement du second…explications. Contrairement
au dernier Morbid Angel, la production est excellente et fait honneur
à l’intelligence du groupe, qui a eu le bon goût
de conserver un son aussi naturel et authentique que possible. Les basses
sont moins présentes que sur les deux dernières réalisations
du groupe et ce n’est pas forcément une mauvaise chose,
le son est tout de même très plein et riche. Les guitares
sont un peu plus grasses qu’à l’accoutumée.
Seuls bémols, la basse trop grave qui manque de définition
et le chant trop en avant. Mais on s’y fait à la longue.
Le confort de l’oreille étant donc maintenant assuré,
le groupe peut la pilonner pour le plus grand plaisir du fan que je
suis. Mais
de la part d’un groupe comme Suffocation, on pouvait attendre
plus, surtout après des années d’absence. Le groupe
a conservé ses instincts d’excellents riffeurs/arrangeurs,
mais on sent que certains titres ont été composés
un peu à la va-vite car il est évident que les structures
n’atteignent pas le degré de perfection voire de génie
des réalisations précédentes, c’est tout
juste si on ne s’ennuie pas un peu sur certaines longueurs jusqu’ici
absentes d’un répertoire totalement axé sur l’efficacité.
L’inspiration n’est pas tarie, cet album le montre bien
dans l’ensemble, c’est juste que certains passages sont
mal dégrossis, le groupe a voulu montrer une approche plus sobre
et mesurée, ok, mais dans ce cas il faut savoir prendre son temps
et peaufiner son truc. |