SATYRICON
- Volcano - 2002 (
Virgin
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Tracklisting:
18/20 |
2002,
Satyricon est toujours actif et succite les réactions les plus
extrêmes. Adulé par certains, le groupe est aujourd'hui
fortement décrié par les puristes considérant que
les Norvégiens ont vendu leur âme au diable (c'est un comble)
en signant chez une major. S'il est vrai que le petit logo "Virgin"
au dos du CD paraît un peu déplacé, l'intelligence
conduit sagement à écouter l'album en question avant de
prononcer un jugement crédible. C'est donc avec une certaine
curiosité que débute l'écoute de cet opus qui laisse
une étrange impression, l'effet n'est pas immédiat, les
morceaux sont plus courts qu'avant, plus compacts, construits sur des
riffs tranchants et hypnotiques laissant échapper des dissonances
froides et dérangeantes. Déçu mais conscient qu'il
se passe quelque chose, les écoutes s'enchainent et font augmenter
un plaisir rare, déçu puis finallement happé par
une ambiance poisseuse qui rampe lentement dans nos esprits pour libérer
consciencieusement son venin et nous paralyser devant tant de maitrise
dans l'art du renouvellement. Satyr simplifie son travail mais le paufine
plus que jamais, les arrangements retrouvent la place qui est la leur,
ainsi les claviers se font discrets, simples pourvoyeurs de malaises
brefs et profonds, des arrangements qui intensifient encore la sensation
d'étouffement quand ces impacts sonores presque "subaquatiques"
viennent caresser les basses de nos enceintes. Tout est mis en oeuvre
pour dépeindre un univers décadent et maladif. Le son
d'abord, d'une précision redoutable malgré le grain toujours
confus et agressif des guitares, et cette batterie tellement froide
dont le très inventif Frost, véritable métronome
martial, use les peaux de coups mécaniques incroyablement précis.
S'agit il de Black Metal ? Peut être, certainement, un Black Metal
different ancré au cœur de l'urbanisation sinistre dans
laquelle nous survivons. Satyricon vomit la stagnation et explore les
siècles depuis "Dark Medieval Times" pour arriver jusqu'à
nous aujourd'hui, parfaitement adapté à l'époque,
usant même de voix féminines originales, presque fantomatiques,
rappellant Beth Gibbons (Portishead) ou encore Alison Goldfrapp, qui
nous entrainent doucement dans le gouffre sombre, anthracite, qui s'ouvre
sous nos pieds à chaque nouvelle écoute. |