NILE
- Annihilation of the Wicked - 2005 (
Relapse
Records ) |
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Tracklisting : 1
Dusk Falls upon the Temple of the Serpent on the Mount of Sunrise 17/20 |
Quatrième livraison du phénomène Nile qui dévaste depuis quelques années maintenant la scene death metal et envoie en pré retraite nos vieux, usés, visiblement dépassés par le prodige; ainsi Morbid Angel se fait dévorer, Cannibal Corpse se fait écraser, le stagnant Immolation se fait distancer et les autres regardent le train passer.. Quatrième
album donc et premier constat, inquiétant peut être, les
atmosphère qui firent la gloire du groupe se font beaucoup plus
discrètes cette fois-ci, hormis la très suggestive intro
de l'album et le court instrumental "Spawn Of Uamenti", magnifiquement
évocateur, point de ces développements tout en ambiances
auxquels nous avaient habitué Nile sur ces précédentes
réalisations. Heureusement l'atmosphère "pharaonique",
moteur du combo, n'a absolument pas disparu. Elle ne nous est simplement
pas exposée de façon aussi évidente que par le
passé mais s'infiltre un peu partout au fil des morceaux et fini
par hanter totalement ce nouvel album. Témoin de ce travail de
dissémination "Usar-Maat-Re", ses premières
mesures ensorcelantes et son final berceau d'interventions guitaristiques
incroyables, lead très simples mais parfaitement maîtrisées
d'une profondeur ahurissante. Pour
le reste, pas de surprises, toujours ces riffs nerveux, tout en palm
mute, diaboliquement saccadés, qui s’étirent sur
plus des 4 mesures habituelles et qui demanderont afin d’être
assimilés, comme c’est la cas pour chacun des albums du
groupe, un grand nombre d’écoutes attentives. Venons
en au sujet qui fâche, qui inquiète : Georges Kollias à
qui revient la très lourde tâche de remplacer l'impressionnant
Tony Laureano qui éclaboussa de talent "In Their Darkend
Shrines" et qui depuis semblait définitivement irremplaçable…force
est de constater qu'il ne l'était pas. Soyons directs, Kollias
s’impose comme le nouveau batteur de Nile et apporte un surplus
de puissance en évitant de remplir tout l’espace sonore
comme pouvait le faire (à merveille) son illustre prédecesseur.
Il sait se faire plus discret pour permettre, par exemple, aux riffs
monolithiques du magistral "Von Unaussprechlichen Kulten"
(10 mn , excusez du peu) d’exploser de toute leur lourdeur, permettre
au rouleau compresseur "Lashed To The Slaves Stick" d'être
aussi efficace, ravageur. Nous ne le dirons jamais assez, Nile fait aussi la différence dans son concept ultra maîtrisé, tout le travail fourni pour proposer quelque chose de cohérent, de complet ne peut que forcer l’admiration et ne peut qu’aider l’auditeur à s’immerger totalement dans l’œuvre du groupe. Une fois de plus l'artwork est magnifique, une fois de plus Sanders fait l'effort pour chaque composition d'expliquer son travail, celui de tout le groupe, ses textes et ses inspirations dans un somptueux livret, véritable making of écrit de cet "Annihilation Of The Wicked" Il semble malgré tout que Nile soit arrivé au bout de quelque chose et qu’un autre album dans cette veine serait peut être celui qui pourrait nous lasser. Le groupe fier d’une discographie actuellement sans failles devra faire l’effort de se renouveler quand l’heure de la composition du prochain opus sera venue. Espérons qu’ils passeront alors ce cap difficile, quand il s’agit de se remettre en question et de surprendre agréablement son auditoire. En attendant délectons nous de ce monstre de death metal brutal, technique, épique dense et intelligent ! Rien que ça. |