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Tracklisting:
1.
Erode
2. Tide
3. From the Hill
4. Sun That Never Sets
5. Falling Unknown
6. From Where Its Roots Run
7. Crawl Back In
8. Watchfire
9. Resound
10. Stones from the Sky
19/20 |
Rares
sont les groupes à tenir sur la longueur et qui plus est sans
trop de changements de line-up. Rares sont les groupes capables de
traverser les ans en se renouvelant à chaque disque. Rares
sont les groupes à avoir repousser les limites musicales à
ce point. Neurosis fait partie de ceux-là. 2001, ça
fait 16 ans que la formation San Franciscaine avance et fait avancer
sa musique, traversant, ou plutôt se faisant l’allié
des vents et des marées.
Times Of Grace avait amorcé un changement dans le son, Bill
Anderson laissant alors la place à Steve Albini derrière
la console, plus rock, plus dépouillé, moins furieux.
A Sun That Never Sets confirme cette tendance. Ici, point de gros
sons métal, point de maelstrom sonore impénétrable
mais davantage d’air et d’espace. Neurosis n’est
plus l’entité suffocante et suffoquée que nous
avons pu connaître mais recherche au contraire l’ouverture,
l’apaisement et la sérénité à travers
sa musique et ses textes.
Parlons-en de la musique. L’évolution par rapport à
Times Of Grace et Sovereign (le maxi) se fait fortement ressentir
même si l’identité si personnelle du groupe est
toujours présente. Et pourtant, dès l’écoute
d’Erode, introduction instrumentale, on se dit qu’on ne
va renifler de la bonne humeur les narines grandes ouvertes. Le tempo
est très lent, les riffs lourds… The Tide commence plus
soft, avec ses guitares en son clair et ses voix chantées.
Les projets solos de Steve Von Till et Scott Kelly ont une influence
évidente sur le travail de Neurosis, particulièrement
au niveau des voix. Le violon de Kris Force est toujours présent,
beau et majestueux. Les premières minutes de The Tide dégagent
une grande sérénité et une force immense. Et
cette force explose peu de temps après, nous prouvant que Neurosis
est toujours un groupe d’une puissance exceptionnelle et belle.
On a l’impression d’être face à la mer, petits
et insignifiants, attendant que cette dernière nous emporte.
Et la vague s’écrase sur nos têtes lors de ce dernier
riff monolithique, répété à l’infini.
Neurosis n’a pas que l’eau à ses côtés,
la terre, l’air et le feu l’accompagnant dans sa quête.
From The Hill en est la preuve, l’ode contemplative qui saluent
un rapport passionnel à la Nature. Toute la majesté
des barbus de la Bay Area se fait sentir dès les premiers accords.
C’est lourds mais pas pesant, c’est transportant, puissant
et encore plein d’adjectifs en –ant. La voix de Scott
Kelly éructe du plus profond de son être, avant d’être
rejoint par les arrangements et les ambiances de Noah Landis, à
base de cors et autres instruments à vents du meilleur effet.
Les mélodies sont particulièrement soignées.
Ecoutez des morceaux comme The Tide, Crawl Back In , Falling Unknown
ou encore Watchfire pour vous en assurer. Je pourrais encore m’étaler
sur des lignes et des lignes pour vanter la beauté et la classe
de ces mélodies mais cela ne vaudra jamais l’écoute
de cet album.
Les textes sont à la hauteur de la musique, beaux, apaisés.
Beaucoup de références au paganisme (vous l’aurez
compris) apparaissent au grès des phrases : ‘‘In
my dreams I touch animal blood rich earth swallow it down deep into
my soul’’, ‘‘The blood is strength, I’m
not alone’’ ou encore ‘‘On the waves their
voice carries on’’. On sent vraiment dans les paroles
que les gens de Neurosis ont vieilli, qu’ils sont passés
outre la rage qui pouvait animer des albums comme Enemy Of The Sun
ou Through Silver In Blood. Il était temps pour eux de passer
à autre chose.
Petit bémol à cet album, le graphisme assez dégueu
et surtout douloureux pour les yeux. Dommage. Mais cela n’enlève
en rien à la valeur musicale de cet album.
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