MORBID
ANGEL - Blessed are the sick - 1991 ( Earache ) |
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Tracklisting:
20/20 -- 20/20 -- 19/20 |
S’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait celui-là. Bon, ce serait occulter d’autres chefs d’œuvre qui ne sont pas près de sortir de mon panthéon personnel…Un album de Death Metal (oui, des majuscules pour l’occasion) comme on n’en avait jamais fait avant ni après, absolument et pour toujours unique. Elément essentiel d’un tel sommet du genre, la production : sèche et sans artifices, elle met simplement en valeur les chansons. Un son étonnamment cru, dissociant chaque instrument qui devient une voix : les influences classiques sont passées par là. C’est donc un vrai chœur de mort qui sort des baffles. Les vocaux, dominateurs, sont intelligemment utilisés, dans des registres variés. Ils donnent la réplique à des solos décalés qui sentent l’improvisation, placés là où on ne les attend pas. Les textes traitent de la déchéance, la perte de l’innocence, du refus de la condition humaine. Un appel aux forces naturelles et surnaturelles, face au dégoût d’une société en état de décomposition avancée, le désir de s’extirper du carcan puant de l’humanité et de la vie en troupeau, sans oublier une furieuse envie de headbanguer, voilà le genre de sentiments que cet album provoque chez l’auditeur captivé, forcément captivé. Et malgré toute la noirceur qu’il dégage (le skeud, pas l’auditeur, quoique cet album est de ceux qui changent la perception de la vie), on se sent vivant à son écoute. -- Devenus
les véritables Dieux du death metal en un seul album, la mission
proposée à ces musiciens hors normes s'avérait
pour le moins délicate : donner un successeur digne de ce nom
au cultissime "Altars of Madness". Il en faudrait plus pour
effrayer Morbid Angel qui nous rejoue un vilain tour en prenant tout
le monde par surprise. Tempos sensiblement ralentis, rythmiques pachidermiques,
puissance monumentale et voix terriblement gutturale, voilà
ce que nous proposent les Seigneurs de Tampa sur leur second opus. -- Après la première vague de DM, il s'agissait de monter en niveau, mettant à profit l'expérience acquise sur les tournées et pendant les répètes...Un marasme de guitares distordues montant en volume et en vitesse avec, au loin, des pleurs d'enfants et d'autres voix forment une intro bien malsaine à l'excellent "Fall From Grace". Tout de suite, on remarque la très bonne définition et séparation des instruments. Le son des guitares est claire, précis et tranchant. Les premiers accords sont harmonisés ajoutant une texture inédite aux riffs; cet apport est constant sur cet album. Suit un riff mythique ou Pete "Commando" Sandoval, exemplaire sur tout l'album, entre dans le vif du sujet. Les riffs sont non conventionnels et les 2 guitares, s'entremêlant, sont utilisées à très bonne escient. On sent les progrès au niveau de la technique mais surtout du song writing. En effet, cet album possède une véritable atmosphère et une intelligence : chaque riff, chaque variation, chaque solo est complètement justifié. C'est plus qu'un enchaînement de titre et de riffs. Le groupe n'hésite pas à ralentir le tempo pour placer des ambiances morbides comme sur le légendaire "Blessed are the sick". Les structures des titres sont complexes, parfois progressives, sans pour autant perdre l'auditeur, et à chaque écoute vous trouverez encore des choses dans ce disque. Le travail de guitare est exemplaire d'ingéniosité et de virtuosité mettant une claque dans la gueule de ceux qui clamaient que le DM n'était que du bruit fait par des manchots. Ici on est proche de l'art tant la personnalité vicieuse de ce disque est grande. Cette cohésion et cette ambiance, parmi les plus réussies à mon sens, sont augmentées par la présence de 3 instrumentaux. Le premier nous ramène en plein obscurantisme contrastant avec le brutal "Day of suffering". Le deuxième est un intermède à la guitare classique. Les solis sont parmi mes préférés et encore après 12 ans ils continuent de me plaire. Trey et Richard pondent des solis intenses, précis, pourtant chaotique en même temps, et complètement possédés qui valent vraiment le détour à eux seuls. La voix de Vincent est à tomber par terre de sauvagerie et reste aussi "tranchante" que les guitares. Les lyrics et la couverture sont plus évolués et abstraits...un coup de maître...ce disque, pratiquement sans temps morts, est la bible du DM en terme de musique, de musiciens, de maturité, d'ambiances et d'idées...tout le monde pouvait, et peut encore à mon avis, aller se rhabiller... Peut être moins rapide, dense et "in your face", cet album dure plus sur la longueur et dans le temps qu'un "Covenant" (mon deuxième préféré après Blessed) plus monotone et moins riche....à écouter avec la plus grande attention...j'vous dis...presque 12 ans après, je l'écoute avec toujours autant, voir plus, d'intérêt... Ce disque a clairement posé de nouveaux standards, largement diffusés depuis dans le DM. |