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Tracklisting:
1. Virus
2. Automanipulation
3. Automatic Crowd
4. Suffermouth
5. Lifeloss
6. Drown the Problem
7. Self-Fulfilling Prophecy
8. Love/Obsession
9. Who Are You?
16.5/20 |
Certainement
moins connus que leurs contemporains de Quicksand, Helmet et Orange
9 mm, Mind Over Matter est pourtant l’un de ces obscurs groupes
New-yorkais de la première moitié des 90’s qui aurait
mérité un peu plus d’exposition. Le label Wreckage,
récupéré il y a peu par Go Kart, fait figure de
véritable institution et de source historique indéniable
pour ce style musical tellement endémique et propre à
une époque.
S’inscrivant dans la mouvance post hardcore amorcée par
les groupes précédemment cités, Mind Over Matter
se distingue par un travail plus fouillé sur les ambiances. Les
structures sont ici bien alambiquées, entraînant l’auditeur
dans tout un panel d’émotions, diverses et variées.
Stress est évidemment le maître mot vu le style pratiqué
mais pas que. Un sentiment de solitude et d’isolement nous submerge
à l’écoute de cet album ambitieux qui s’écoute
encore avec plaisir 10 ans après. Cette sensation étrange
correspond certainement à ce que l’on doit ressentir dans
une cité tentaculaire comme peut l’être New York.
Un peu comme un état dépressif post stress, comme si une
fois passé à travers la tension urbaine, on se laissait
complètement aller, comme si la foule grouillante n’existait
plus et qu’on pouvait crever la gueule ouverte sans que personne
ne s’aperçoive de rien. Crever jusqu’à se
sentir ressusciter, galvanisé par la colère qui ne nous
a pas quitté, qui survit et nous donne un peu de force pour faire
quelques pas de plus. Quelques pas de plus face à un désespoir
omniprésent.
Non, Automanipulation ne transpire pas la joie de vivre. Au contraire.
Et si c’était seulement la musique qui donnait cette impression.
Même pas… Rien qu’à la lecture des titres de
cet album, on s’aperçoit vite fait que Mind Over Matter
est confronté à quelques démons intérieurs
des plus coriaces. Impression confortée par un artwork et un
livret pas franchement beau mais très naïf et touchant,
illustrant parfaitement le mal-être évoqué précédemment.
Ces New-yorkais livrent avec Automanipulation un disque d’une
grande maturité et sensibilité, véritable témoignage
d’un lieu, d’une époque et d’un état
d’esprit particulier. Incontournable pour qui s’intéresse
à ce style. Incontournable pour qui les prémisses de l’emocore
actuel, l’authenticité et l’honnêteté
en prime.
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