MESHUGGAH
- Nothing - 2002 (
Nuclear
Blast ) |
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Tracklisting:
16/20 |
Première
écoute et grosse déception. Meshuggah a ralenti le tempo
et semble devenu plus accessible, moins violent et moins hargneux, plus
simple et moins hermétique…en bref tout ce que je redoutais.
Malgré tout je tente une seconde écoute et je m'aperçois
au bout de quelques minutes que mon pied droit refuse de battre la mesure,
je le regarde droit dans les yeux ( ! ! !) et il semble perdu, je décide
de l'aider…impossible, je ne parviens pas à retomber dans
la mesure, à retrouver le début des riffs. Je me retrouve
totalement perdu dans un labyrinthe de plans saccadés qui sous
leur apparence trompeuse sont d'une rare complexité. Plusieurs
écoutes plus tard, je dois l'avouer, je me suis trompé.
Si Meshuggah a considérablement ralenti sa musique, lui donnant
ainsi un aspect plus accessible, il l'a paraxodalement énormément
compléxifié, et ce au point de bannir toute forme de structure
(pourquoi s'ennuyer avec des couplets et des refrains ? ? ?). Inutile
de tenter de compter combien de fois les riffs sont joués, de comprendre
leur forme ou de deviner leur point de départ, tous les plans semblent
mouvants et évoluent constamment pour devenir de petits patterns
(poly)rythmiques obsédants animés par d'énormes guitares
8 cordes et une énorme basse fonctionnant constamment sur le principe
du start/stop cher au groupe. Tout est ici d'une précision chirugicale
et le batteur devient une sorte de machine programmée pour se placer
de façon hallucinante dans cette mangrove métallique de
plans mécaniques. Meshuggah ne s'est pas vendu et est resté
fidèle à cet hermétisme unique que lui seul semble
aujourd'hui capable de développer à ce point. Tout va bien
alors ? Hé bien non ! " Nothing " ne s'offre pas, même
après des dizaines d'écoutes, l'album reste presque impossible
à digérer. Pire, plus on l'ecoute plus il est complexe,
plus on l'ecoute et plus on comprend qu'il sera difficile de tout comprendre.
Cet album est une paroi lisse que l'on doit escalader, les seules prises,
trop espacées les une des autres, étant les interventions
somptueuses du génial Mr Thordendal dont les solos à forte
consonance jazz/acid jazz offrent de véritables bouffées
d'air frais salvatrices dans cet univers suffocant et claustrophobique.
Mais même dans ces moments de légère accalmie la rythmique
surpuissante ne s'arrête jamais, continuant inlassablement son pilonnage
frénétique. Courageux, l'auditeur tente de se concentrer
sur les riffs épileptiques qui procurent vite chez lui la sensation
étrange que son cerveau droit et son cerveau gauche se percutent
violemment, il cherche désesperement la mélodie, le repère
qui lui évitera de se perdre pour la énième fois
dans ce jeu de construction musical lourd, pesant et intense puis il sourit,
devient hystérique et s'avoue encore vaincu par ces Suédois
pas vraiment humains. Meshuggah sort là un album ultime, dangereux
pour les neuronnes , incroyablement et originallement complexe. Le groupe
maitrise parfaitement son sujet et son univers futuriste, presque industriel
. Son auditoire, quant à lui, doit ramer pour les suivre dans cette
voie torturée du cyber ultra metal épileptico-claustrophobique
(… c'est bon je peux aller bosser cher Holy Records.) |