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Tracklisting:
1. Anisette
2. They Sent You
3. Tropics
4. Palaces
5. Sun For Miles
13/20 |
Attiré
par la présence de l'ancien chanteur de The End (celui qui chante
sur leur génial EP "Transfer Trachea Reverberations From
Point False Omniscient") dans un projet "Doom" et par
le fait que cet EP, à l'origine démo du groupe, sorte
sur Hydrahead (gage de qualité, en général), je
me suis jeté sur ces 5 titres et aux premières écoutes,
je fus tout sauf déçu; j'étais même plutôt
ultra-emballé. En effet, Mare nous propose ici une sorte de Isis
/ Neurosis qui aurait fricoté avec Khanate, et quelques voix
Jeff Buckley-isantes, le tout dans une ambiance vraiment, vraiment glauque
sachant se faire planante ("They Sent You") et surtout personnelle.
Et c'est ça qui attire l'oreille en premier : il se dégage
de Mare quelque chose de plutôt nouveau, assez frais. Les riffs
sont franchement bien trouvés, très sombres, sonnant souvent
comme du Isis mais avec de belles dissonnances doom/black metal malsain
("Palaces"), accompagnés par une batterie souvent technique
(ce qui surprend d'ailleurs dans un style pareil), toujours pachydermique,
et surtout la voix de Aaron Wolf, possédée, malsaine,
mais prenant parfois, comme dit précédemment, des intonations
pouvant faire penser à Jeff Buckley ("Tropics") et
parfois presque au divin Mike Patton ("Sun For Miles", meilleur
et dernier titre de l'EP, sorte d'ascension mystico-religieuse au chant
grégorien sublime et au final magnifique et grandiloquent).
La claque que je me suis prise en écoutant cet EP m'avait fait
penser, sur le coup, à celle que j'avais aussi pu me prendre
en écoutant le "Choirs Of The Eye" de Kayo Dot, Mare
développant finalement le même genre d'ambiances : quelque
chose de magnifique mais malsain, extrêmement tendu, menaçant
de lacher à tout moment; mais là où "Choirs
Of The Eye" nous captive longtemps, même après des
dizaines et des dizaines d'écoutes, Mare fait finalement l'effet
d'un pétard mouillé car s'avère avoir quelques
défauts plutôt génants. Tout d'abord, sa durée
de vie : après la fameuse claque de la découverte et 4/5
écoutes, on finit par voir les défauts de cet EP et s'en
lasser; la production est très bonnemais trop bonne pour ce style,
trop lisse, trop claire, trop puissante : un son beaucoup plus gras
et crade aurait réellement profité à ces 5 titres,
qui laissent ici un certain arrière-goût d'aseptisé.
Ensuite, si le melting-pot d'influences est franchement bien fait, que
le tout est assez bien composé pour ne pas laisser apparaitre
un côté "patchwork" aux premières écoutes,
le rideau tombe au bout de quelques écoutes, et on a vraiment
l'impression après analyse que Mare n'est que le "next big
thing" d'Hydrahead, fait pour être présenté
comme "le doom du 21ème siècle" ou "la
nouvelle référence du genre, transcendant ses influences
pour faire quelque chose de réellement génial". Et
c'est finalement cela qui fait défaut à Mare, et qui n'est
pas retenu de
ses multiples influences : le génie.
Mais. Pour un premier jet, c'est tout de même franchement réussi
et bluffant, et la claque des premières écoutes est tout
de même monumentale. Espérons que pour sa prochaine sortie,
Mare fasse encore mieux, avec moins d'artifices, et peut-être
une touche de passion supplémentaire, et là, il ne fait
aucun doute qu'ils nous pondront quelque chose de réellement
bon, pour notre plus grand plaisir. Mare reste quand même largement
un groupe au dessus du lot. The next big thing? Assurément.
Une très bonne première sortie, à écouter
avec modération pour en conserver la fraîcheur.
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