LEMMING
PROJECT - Extinction - 1991 (
Noise
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Tracklisting:
13/20 |
Lemming
Project est un de ces groupes enigmatiques qui apparaissent pour disparaitre
comme ils sont venus, c'est à dire rapidement, et sans savoir
d'où ils étaient venus, on se demande encore où
ils sont allés... Ce quintette teuton n'aura laissé que
deux preuves tangibles de son existence, ce "Extinction" puis
un an plus tard "Hate and Despise". Mais au moins, contrairement
à certains dinosaures cannibales maintenant poussifs et inutiles
qui s'entêtent à exister, on peut dire que ce groupe ne
se sera pas fouttu de notre gueule. A l'époque où le Death
Metal n'était pas encore qu'une recette, et quand les centaines
de suiveurs du troisième millénaire chiaient encore dans
leurs couches, Lemming Project a laissé, le temps de deux galettes,
un travail à la personnalité écrasante. L'intro
"Injection" inocule en l'auditeur un subtile mélange
d'angoisse et d'oppression qui ne le quittera pas avant 47 minutes.
Extinction est un recueil obscure aux ambiances menacantes. Les vocaux
caverneux ( mais qui effectuent la performance non négligeable
de ne pas être linéaires ) et les grattes cradingues contrastent
avec la batterie très en avant, qui fait office de marteau pillon
qui matraque de manière répétitive, récurante,
rarement rapide mais obsédante, presque industrielle par moment.
Les titres "Hysteria" et "Zerfall" sont les meilleurs
embassadeurs de ce lavage de cerveau qui prépare l'organisme
de manière insidieuse à se faire lapider par des accélérations
pour le coup dévastatrices ( "Experiments" et "The
Sperm Of The New Generation" ). Ce qui est clair, c'est qu'on n'a
pas là affaire à des virtuoses, rien n'est technique,
rien n'est complexe ( quoique faudrait-il définir ce qui est
complexe car le batteur est parfois ici peu orthodoxe ). Niveau son
également, on est loin de la course à l'armement actuel
d'un Death Metal overboosté de plus en plus "produit",
"Extinction" mise avant tout sur les ambiances, l'émotion,
l'impureté. Ne tombons toutefois pas dans le sensationnalisme,
ce skeud n'est certes pas une des pierres angulaires qui ont construits
l'édifice au même titre qu'un Altars Of Madness ou un Slowly
We Rot, mais il a l'avantage de proposer un ensemble à la personnalité
forte et authentique. Et ça en 2004, ca cours pas forcément
les rues... |