KNUT
- Challenger - 2002 (
Hydra
Head Industries ) |
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Tracklisting:
19/20 |
Voici
une bombe d'énergie dissonante et maladive. Cet album de Knut,
désormais signé sur le déjà cultissime label
Hydra Head, est un monument de (post) hard-core metallique dans lequel
s'entrechoquent violemment des riffs torturés, entêtants,
des patterns de batterie originaux précis et décousus, d'inquiétants
arpèges saturés, une voix hurlée qui flirte haineusement
avec les limites perceptibles de la rupture et une énorme (énorme
!!!) basse qui ne se contente pas de faire de la figuration mais remplit
totalement le rôle d'assommoir que Godflesh sait si bien lui confier
..on pense tour à tour à Converge, Godflesh (justement),
Botch ou encore Neurosis, on y pense seulement car Knut fait SA musique
et évolue dans SON univers, un univers dans lequel chacun des 9
titres qui composent ce "Challenger" nous emmène brutalement,
vicieusement, doucement, à la guise de ce groupe qui sait varier
les plaisirs et sait aussi changer son angle d'attaque. C'est un monde
de décadence qui s'ouvre devant nos esprits envoûtés,
un monde dans lequel on peut s'engouffrer de trop de façons différentes
car si "Whacked Out" ou "Repressed" et la violence
qu'ils dégagent imposent une vigilance accrue qui permet de ne
pas se laisser embarquer trop rapidement dans une aventure dont on ne
connaît pas l'issue , il est facile de se laisser piéger
par l'instrumental "58.788", pièce inoffensive, respiration
salvatrice qui, au fil des secondes, devient une véritable mise
en musique d'une mélancolie pleine de désespoir, toute forme
de vie est annihilée, il ne reste que vous dans un monde dévasté,
vous et cette guitare acoustique qui tente de survivre dans un amas de
cendres sonores encore fumantes, tellement fumantes que le feu reprend
dans les secondes qui suivent avec un "Ice Will" fougueux, intense...et
vous y êtes. Ce "Challenger" n'en est pas un, c'est un
expert auquel on ne résiste pas longtemps et qui ne desserrera
plus son étreinte quand il vous aura saisi à l'âme;
un expert qui pousse le vice dans l'élaboration de l'agencement
très intelligent des morceaux qui nous assomment, nous bousculent
et nous dérangent avec leurs plans rapides violents et dysharmoniques
durant la première moitié de l'album pour ensuite nous faire
visiter des recoins plus sombres encore, nous anesthésiant avec
des doses dangereuses de plans répétitifs, lancinants et
hypnotiques sur "Neon Guide", industriels mécaniques
et presque tribaux sur "H/armless". Peu importe la forme, l'intensité
reste constante, oppressante et fais de nous des êtres dépendants
de la touche "replay", véritable aimant trop irrésistible
dès que s'achève le lourdement magistral "March"
qui clôture cette œuvre d' extrémisme musical contemporain
et original. |