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Tracklisting
:
1
– Your path to divinity
2 – Friends are evil
3 – Tired of me
4 – We all faulter
5 – Walk on water
6 – Sun day
7 – Man / Woman
8 – Guardian angel
17/20 |
Autant
vous dire qu’après ce monstrueux Heartache, j’attendais
de pied ferme le véritable premier album de Jesu.
Cette fois-ci, Broadrick n’est pas seul, accompagné de
Ted Parsons à la batterie, Diarmuid Dalton à la basse
et de Paul Neville à la guitare sur Man / Woman. Ça se
sent fortement dès les premières notes de Your path to
divinity, le son et l’interprétation de cet album présentant
un côté nettement plus organique et moins rigide et mécanique
qu’Heartache.
Your path to divinity, encore et toujours des allusions religieuses
! Et si c’était seulement dans le titre. Mais non ! C’est
également dans le son. Il possède tellement d’ampleur
et de profondeur qu’on a l’impression qu’il a été
enregistré dans une cathédrale. Rajoutez la couche d’orgue
présente sur ce morceau histoire d’enfoncer le clou.
Côté musique, ce long album de 74 minutes diffère
du EP Heartache. Autant sur ce dernier, on percevait le fantôme
de Godflesh et l’œuvre d’un seul et même homme,
autant les influences sont plus variées sur cet album. Les guitares
sont plus noisy, plus fouillis. Un côté plus pop se dégage
de l’ensemble du disque. Mais une pop sombre et mélancolique.
Les influences Sonic Youth et surtout My Bloody Valentine surnagent
mais sont parfaitement intégrées et digérées
par Jesu. La voix de Broadrick est toujours approximative et noyée
sous une tonne de réverb et d’écho mais l’effet
voulu est là, accentuant ce côté calme et sombre,
cette luminosité qui surgit de ce magma sonore sursaturé.
Et quand ce n’est pas ce côté noisy pop qui mène
la danse (Friends are evil), ce sont les rythmiques lourdissimes et
décharnées qui prennent le relais (Tired of me, Walk on
water, Sun day) ou bien les ambiances plus cold wave (We all faulter).
Seul Man / Woman, sa rythmique cradingue et sa voix criée feront
apparaître le spectre de Godflesh. Mais le propos de Jesu se trouve
ailleurs. Plus dans ces ambiances à la fois plombées et
lumineuses qu’on trouve dans quasiment tous les morceaux, dans
cette douceur perdue dans ce maelström sonore.
Ce premier album, enregistré avant Heartache, est une vraie réussite
mais en 74 minute, difficile d’éviter quelques longueurs
qui le privent des félicitations du jury. Dommage car tous les
ingrédients précédemment énoncés
dans cette chronique sont présents. Mais difficile d’égaler
la claque d’Heartache et de maintenir cette constance sur plus
d’une heure. Ou alors il faut fractionner l’écoute.
Que ces dernières phrases ne vous empêchent pas de vous
procurer cet album, nettement au dessus de la masse des sorties médiocres
actuelles.
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