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Tracklisting
:
1
SGNL>01
2 Celestial (The Tower)
3 Glisten
4 Swarm Reigns (Down)
5 SGNL>02
6 Deconstructing Towers
7 SGNL>03
8 Collapse and Crush
9 C.F.T. (New Circuitry and Continued Evolution)
10 Gentle Time
11 SGNL>04 (End Transmission)
14/20 |
Enfin
le voilà ce premier album tant attendu d’ISIS. Le groupe
ne chôme pas, c’est clair. Trois disques en trois ans (plus
une démo avant), et qui de plus sont de bonne qualité.
Chapeau bas messieurs !
La question maintenant : comment se démerde la nouvelle coqueluche
de cette scène post hardcore / sludge / noise le temps d’un
album de plus de 50 minutes.
Et bien pas mal me direz-vous. Petite plage bruitiste sur fond de pianotage
de clavier en guise d’intro (SGNL>01) instaurant une sorte
de fil rouge que l’on retrouvera tout au long de l’album
et la guerre commence vraiment avec le titre phare de cet album. D’entrée
de jeu, je ne peux m’empêcher de penser à un intelligent
mélange entre Neurosis et Godflesh. Toujours cette puissance
dévastatrice. Toujours ce sens du riff martial et répétitif.
De plus, la production, signée Matt Bayles, se révèle
plus claire et précise que celle des enregistrements précédents.
On pourra à la limite lui reprocher un petit manque de ‘‘gras’’
ou de ‘‘crade’’ mais c’est bien là
le seul défaut à y trouver. Celestial débute donc
par un riff d’entrée ultra efficace pour ensuite s’échapper
vers des contrées plus subtiles. L’influence post rock
est plus présente même si à l’époque,
le terme était peu usité et le style n’avait pas
encore atteint le degré de popularité rencontré
aujourd’hui. Il faudra attendre une petite année et l’explosion
de Godspeed You Black Emperor et la confirmation de Mogwai pour populariser
le style. Fin de la parenthèse.
Les morceaux se suivent, ne ressemblent pas mais arrivent à créer
une certaine unité entre eux sans tomber dans le chiant ou le
trop répétitif. L’ambiance générale
est plus sèche, beaucoup moins poisseuse ou stagnante que lors
des précédents EP, même si des titres comme Gentle
Time ou Collapse and Crush sont là pour vous rappeler qu’ISIS
ne plaisante pas et vient de passer maître dans l’art du
riff lourd et vicieux.
Côté voix, Turner montre qu’il est quand même
un vocaliste limité, bien que tentant par moment des passages
plus ‘‘chantés’’, très connotés
noise. Sa voix manque en effet de puissance. On a l’impression
qu’il ne chante pas dans la tonalité lui correspondant
et qu’il s’abîme violemment la gorge. Ça donne
un petit côté arraché qui a son charme mais qui
peut devenir saoulant à la longue. Heureusement, les vocaux ne
sont pas l’élément prédominant dans ISIS,
la part belle restant à la force rythmique emmenée par
un batteur inventif, deux riffeurs efficaces et complémentaires,
et surtout un bassiste talentueux qui ne se cantonne pas à juste
suivre les grattes ou la grosse caisse. Malheureusement, la basse reste
un peu timide dans le mix général.
L’artwork, toujours signé Aaron Turner, est d’excellent
facture. On appréciera les recherches de textures, les superpositions
de couches et de vernis et un travail graphique très soigné
s’inspirant du court métrage ‘‘La jetée’’
(vous m’excuserez mais je ne me souviens plus du nom du réalisateur).
Premier essai longue distance réussi mais à la longue,
l’album révèle quelques faiblesses et longueurs.
Mais là je pinaille.
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