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Tracklisting:
1 – Evil eyes
2 – Dead air
3 – The number on the calendar
4 – Witness
5 – In life, in death
15/20 |
Album
(ou mini album d’une demi-heure) posthume pour ce quintet de Montréal.
Et quel disque ! Juste un monument de lourdeur et une ode à la
puissance, musicalement parlant même si leur précédente
réalisation, « I discern an overtone of tragedy in your
voice », battait des records de lenteur et de sensation d’écrasement.
Ire joue d’une manière incroyablement heavy, avec une approche
un peu plus rock, apportant un dynamisme non négligeable à
ses morceaux. Oui, ce dynamisme qui fait hocher de la tête comme
un neuneu et taper du pied comme un cheval enfermé dans son box.
Dès les premières notes de Evil Eyes et ses cymbales à
l’envers, on se sent aspiré comme par un irrésistible
typhon. Le rythme lourd de chez lourd pénètre le corps
et ne laisse aucune autre alternative que celle de subir ce tempo pachydermique.
Une accélération bienvenue (si ça dépasse
les 120 bpm, c’est un maximum) donne un bon coup derrière
la tête, histoire de relancer la machine à headbanger.
Encore ! Encore ! Ire lamine tout sur son passage. Mais avec classe
et un certain style. Un style hérité, voir même
pillé au death old school et au black metal dans certaines mélodies
et harmoniques. Dismember n’est pas loin. Mais c’est un
Dismember qui jouerait sous l’eau et des poids accrochés
aux mains, avec les tempos divisés par 2 ou 3. Une petite idée
du style maintenant ? Et puis n’oublions pas le bel organe de
Radwan Moumneh, tranchant comme une lame de rasoir. Rarement des vocaux
auront été aussi écorchés et incisifs.
Les morceaux sont assez longs, s’étalant de 5 à
plus de 7 minutes. Les deux derniers sont de véritables hymnes
guerriers, du genre à s’imaginer sur un cheval, une masse
d’arme à la main, et un parterre d’adversaires morts
à ses pieds. Impression confirmée par une pochette et
un insert à base de masque à gaz, ruines et têtes
de morts. Ce disque ne laisse aucun répit, musicalement et graphiquement.
Pourtant, les paroles sont très orientées politiquement,
dans une tradition punk anticapitaliste et antiétatique. CrimethInc.
(Catharsis, Gehenna) n’a pas sorti ce disque par hasard. A côté
des paroles, le groupe nous livre un long texte sur sa vision du monde,
le racisme inhérent à chaque société et
insufflé par un capitalisme sauvage, sans foi ni loi. Ire a beau
jouer un métal de haute volée, il n’en demeure pas
moins que se sont des punks.
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