INCANTATION
- Blasphemy - 2002 ( Candlelight ) |
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Tracklisting:
16/20 |
Ici
pas de masturbation instrumentale juste du death metal old school, sauvage
et obscure. Les démonstrations techniques sont hors sujet et
John Mc Entee le sait quand il rend sa copie, et si la précedente
s'était avérée décevante, celle ci permet
à Incantation de retrouver sa superbe. Rien n'a changé
mais ce feeling unique et profond dont le combo aime inonder ses oeuvres
est à nouveau palpable. Alors que le précédent
opus "The Infernal Storm" se déversait sur nous sans
laisser de traces, ce "Blasphemy" se répand sans finesse
en laissant derrière lui une aura malsaine et presque palpable.
Le son est d'une pureté incroyable, à peine produit, sale
et brutal il correspond parfaitement aux morceaux, à leur structure
toujours primaires mais jamais simplistes. So(m)bres et efficaces elles
laissent le groupe exploser violemment dans les parties les plus rapides
mais lui permettent aussi de nous engluer dans des plans d'une lourdeur
titanesque. Incantation joue avec la vitesse et devrait être suivi
en cela par les adeptes décidémment trop nombreux du blast
incessant sponsorisés par Lexomil tant ils sont doués
pour abrutir les plus insomniaques d'entre nous. Les riffs immédiatement
reconaissables, plus proches d'Immolation que de Cryptosy (lorgnant
même vers le Death génial de "Leprosy"), font
mouches à tous les coups et se justifient tous tant ils font
vivre les textes accusateurs et blasphématoires (évidemment)
bestialement vomis par Mike Saez qui, s'il ne parvient pas à
nous faire oublier l'inhumain Greg Pillard, s'impose magistralement
au cœur de ce magma sonore et incandescant. Kyle Severn derrière
ses fûts nous rappelle qu'un batteur n'est pas un athlète
mais un musicien, ainsi il ne cherche pas la performance en blastant
plus vite que son ombre mais assure son job en pensant avant tout à
ne pas tacher la toile sombre peinte par les mélodies infernales
de Mc Entee. Tout aussi à l'aise quand la furie fait rage que
quand le tempo s'alourdi, il soutient rythmiquement sans en rajouter…
sobre et efficace. Incantation est au death metal ce que "Chainsaw Massacre" est au cinema d'horreur; exit Wes Craven, bonjour Tobe Hooper, exit Peter Tatgren, ses productions trop lisses et ses arragements pompeux, place au souffle profond du underground extrême, gras et sans fioritures. Ce "Blasphemy" qui porte bien son nom caresse l'essence du death metal originel et impose une fois de plus son géniteur comme l'un des plus solides piliers du style. A noter un 12è morceau de 23 mn simplement constitué d'une "boucle" étrange dont le volume monte très progressivement et qui débouche finalement sur une outro des plus malsaines qui fera son petit effet lors d'une écoute solitaire et nocturne. |