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Tracklisting:
Side A : January | Tense | The black flame
Side B : Bleed alone | Seeds | The broken wing of the undying bird
Side C : Before a dream | Sunburst | Diaspora
Side D : Everything is pain but you | A man in the light
20/20 |
Deux
ans après le coup d’éclat qu’est I Can’t
Believe I Was Born In July, mes Genevois préférés
reviennent avec leur troisième galette. Et une double ce coup-ci.
En effet, à l’heure où j’écris ces
lignes, seule la version double LP, sortie par (Chant Of) Cetacean et
D’Ici à la Réalité, est disponible, la version
CD devant sortir sous peu chez Space Patrol, déjà complices
de l’opus précédent.
Répétition de l’Histoire ? Là aussi je mets
un certain temps à rentrer dans l’album. On reconnaît
aisément le style des Suisses mais des choses ont un peu changé.
Evolution ? Certainement. Les influences se sont encore une fois multipliées
et encore une fois, elles ont été assimilées avec
brio. Les morceaux sont plus longs également, quasiment tous
flirtant avec les 8 minutes. Mais ça n’empêche pas
d’avoir quelques difficultés à rentrer dans le bain.
Bon… je connais la musique et le processus à suivre. Je
vais prendre mon temps, l’écouter attentivement comme le
laisser tourner alors que je fais la vaisselle.
Et pour reprendre ces documentaires animaliers qui me sont si chers,
le miracle de la vie s’accomplit. Ou plutôt celui de l’Amour,
la mort, l’enfance perdue, excusez du peu. La formule est finalement
assez peu différente de son prédécesseur, on retrouve
encore ce culte du riff qui tue et qui tourne, ces arrangements mélodiques
tellement propres à Impure Wilhelmina, cette basse ronde et lourde
et la voix désespérée de Michaël. Mais en
groupe intelligent, pour ne pas dire très intelligent (lu dans
une interview que trois des quatre gaillards suivaient des études
très poussées en mathématique et physique) qu’il
est, il a su se renouveler subtilement.
Première chose marquante, l’utilisation de la voix. Certains
morceaux sont chantés entièrement en voix claire (Man
In The Light, Sunburst, Before A Dream), d’autres alternent les
passages hurlés et chantés mais pas d’une façon
binaire, surfant plutôt sur tout un panel de tonalités
vocales. Le travail des voix est réellement impressionnant et
première dans l’histoire du groupe, un morceau (Before
A Dream) est laissé à Mathias (basse).
Deuxième point important, la prise de risques et l’assimilation
d’influences encore plus diverses et variées (The Broken
Wing Of The Undying Bird). On se retrouve face à du doom, du
post hardcore, du punk rock, du heavy métal, du post rock, de
la noise, tout ça en un seul album et sans jamais donner l’impression
de s’éparpiller dans tous les sens. Impure Wilhelmina ne
colle pas à un style précis. Impure Wilhelmina possède
son propre style à lui. Vraiment, mais vraiment très impressionnant.
La qualité d’écriture et de mise en place me fout
littéralement sur le cul. Elle contribue largement à s’enquiller
cet album de 70 minutes sans jamais s’ennuyer. Fait suffisamment
rare pour être souligné.
L’Amour, La Mort, L’Enfance Perdue est encore tout frais
dans ma tête même si je l’ai écouté
des dizaines et des dizaines de fois en un laps de temps particulièrement
court. J’ai honnêtement du mal à trouver les mots
adéquats mais il me semble important d’en parler, et vite,
tant pis pour le caractère décousu de cette chronique.
Oui, c’est ça, je ne sais vraiment pas quels mots utiliser,
ne sais pas si c’est utile de se pencher sur tel ou tel morceau
en particulier ou encore sur les paroles, toujours égales à
elles-mêmes. Ce que je sais en revanche, c’est qu’Impure
Wilhelmina vient de signer un album dantesque, d’une maturité
incontestable, d’une richesse folle et d’une ambition parfaitement
assumée. C’est mon ressenti. C’est le genre de disque
qui je pense, n’aura pas pris une ride dans 10 ans (la production,
signée Serge Morattel, crue et rugueuse, correspond parfaitement
au groupe) et s’écoutera toujours avec autant de plaisir.
Et puis quand on nerde un peu sur le net et qu’on voit comment
les gars de Relapse sont comme des dingues devant le combo Genevois,
on peut se dire qu’on risque de les retrouver d’ici peu
avec une distribution conséquente.
Bon, je vous laisse, je vais encore l’écouter une énième
fois mais juste avant je lui mets la note maximum, fait exceptionnel
pour un disque exceptionnel.
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