GORGUTS
- The Erosion of Sanity - 1993 (
Roadrunner
) |
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Track List : 1-With
Their Flesh He'll Create 16/20 |
Voici un album passé trop inaperçu, trop vite oublié, rejeté par beaucoup d'auditeurs incapables (et je les comprend) de digérer correctement cette imposante mixture death metallique, un album trop plein pour certains, et surtout tristement éclipsé lorsqu'il sorti par le racolage visuel de Cannibal Corpse ou le Satanisme de supermarché de la bande à Benton. Dommage. Dans
la droite lignée de l'énorme "Effigy Of The Forgotten",
cet album célèbre un death metal englué dans un
épais magma de guitares dont on étouffe les cordes pour
mieux assommer l'auditeur, pour mieux le perdre dans un riffing complexe,
nerveux, changeant, anesthésiant si l'on se déconcentre
quelques secondes. Mais alors que le monstre sus cité s'étalait
principalement rythmiquement, Gorguts sait se faire plus "mélodique"
et n'hésite pas à s'étaler sur de longues mesures
plus pesantes, parfois pachydermiques avant de retomber dans ce laminage
sourd et dense. Comme si le travail des six cordes ne suffisait pas, 4 autres plus épaisses viennent ajouter leurs voix. (écoutez le rôle étrangement déstabilisateur de l'instrument sur "A Path Beyond Redemption"). La basse, en effet, parvient à se sortir avec brio du mix très réussi dans lequel chaque instrument se fait parfaitement entendre, son roulis grave et opportun accentue sensiblement la difficulté d'accroche et participe joyeusement à ce chaos parfaitement organisé, labyrinthe sonore dans lequel ces Québéquois ne sont jamais perdus. Cet
album qui ne laisse que peut de répit est éprouvant et
ne s'écoute pas en boucle. Vous ressortez fatigués après
ces 8 pièces de death metal suffocant, technique et terriblement
complexe, et à jamais reconnaissant envers la paire de guitaristes
pour vous avoir permis de reprendre sereinement votre respiration durant
le magnifique duo de guitares classiques qui précède "Dormant
Misery". Au rang des petites douceurs gracieusement offertes, signalons Consacrons quelques lignes tout de même à l'énorme travail de Stephane Provencher qui se démène derrière ses fûts et gère trop facilement ces compositions. Il en rajoute, surjoue même pour notre plus grand plaisir, il brode, emplit les petits blancs et enjolive chaque mesure de fioritures et fantaisies rythmiques bienvenues dans cet univers sonore d'une densité extrême. En bref, une partition de batterie aussi riche que celles des guitares, du grand Art ! Un
album (et un groupe) sous-estimé qui mérite une réhabilitation
rapide. Repoussant de prime abord, faites l'effort de vous faire mal,
acceptez la douleur, le plaisir n'en sera que plus grand. |