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Track
Listing :
Pure
Greed / Not Enough Hate / Leather Coffin
Candy Man / Lords Of Discipline
Where The Wild Things Are
Church Of The Truly Warped / Back
I Need Energy / Evil Evar / All For The Cause
14/20 |
Piliers
de la fameuse vague ‘Punk’s not dead’ au début
des 80s, les Brumies vétérans de GBH ont continué
leur bonhomme de chemin dans les 90s jusqu’à nos jours
en conservant une attitude punk indéniable, ce qui n’a
pas empêché leur son d’évoluer avec les années.
‘Church Of The Truly Warped’ est un tournant dans le sens
où le groupe commence à intégrer des éléments
plus metal à son style, un peu comme leurs contemporains de The
Exploited (remember le furieux ‘Beat The Bastards’ sorti
en 96).
Etonnant de constater à quel point un groupe punk utilisant des
gimmicks metal comme les riffs en palm-mute ou la double grosse caisse
peut rappeler certains aspects du thrash des origines…Bien sur,
en bons punks les GBH ne sont pas du genre à passer 12 mois en
studio dont 10 sur la post-production, alors pour les analogies avec
le thrash on ira chercher du côté de Megadeth beaucoup
plus que du côté de Machine Head ou Sepultura…ici
les guitares ont un son…punk, à savoir qu’on a un
mélange d’agressivité et de clarté, pas de
surcharge de disto, de downtuning et encore moins de compresseur (ou
alors c’est discret). Un son de gratte que n’aurait pas
renié Dave Mustaine, pas plus que certains riffs et certaines
mélodies, de par ce côté simple, presque bateau
mais qui fonctionne mine de rien. Ça rappelle parfois les groupes
heavy-thrash plus ou moins mélodique de cette époque,
genre en voie d’extinction totale aujourd’hui.
Ce qui toutefois fait bien comprendre que GBH reste un groupe punk,
c’est que les guitares ne sont pas autant mixées en avant
que dans une prod typée metal, la batterie, la basse et surtout
le chant tiennent tout autant le haut du pavé. La voix de Colin
Abrahall est très typée, sans être aussi caricaturale
que celle du chanteur d’Agnostic Front, mais le style est parfaitement
identifiable. Sans parler des textes. Moins foncièrement destroy
qu’au début, d’inspiration presque straight-edge
par moments (critique des raves et des défoncés à
l’acide qui y traînent), les GBH n’oublient pas non
plus de régler ses comptes avec sa propre scène (les nazillons
dans ‘Lords of Discipline’, les wannabe rock star dans ‘Leather
Coffin’). Contrairement à ce qu’on pourrait penser,
ça ne tourne jamais au donnage de leçon ni au redondant
: le ton est juste, ancré dans un réalisme j’m’en-foutiste
teinté d’ironie. La caricature du punk pseudo humanitariste-engagé
est loin, un petit tour de force en soi.
Dans l’ensemble l’album sonne frais et puissant, la recette
du simple et efficace fait mouche grâce à ce subtil mélange
d’agressivité, d’intelligence, d’efficacité
et de charisme. Rien de révolutionnaire ni de génial ici,
mais un skeud vachement plaisant de par la justesse de son ton et la
conviction contagieuse dégagée par la musique, qui n’a
pas forcément mal vieilli si on écoute ce qui se fait
en punk aujourd'hui.
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