GAMMA
RAY - Land Of The Free - 1995 (
Noise
Records ) |
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Tracklisting:
13/20 |
Commençons
par le premier morceau : « Rebellion in Dreamland » est
un titre au tempo peu soutenu mais assez emphatique par moments. Mine
de rien, mis bout à bout, on nous y déroule une bonne
minute de solo de guitare. Là où mon attention aurait
failli chez de nombreux groupes, je me délecte de ce triturage
de manche complètement en phase avec le reste des éléments
constituant le paysage sonore. D’une manière plus générale,
Gamma Ray a tendance à avoir le solo jouissif et gouailleur sur
cet opus. Quant-au paysage sonore, il va du marécage humide,
entrainant moiteur et respiration stertoreuse à la sérénité
d’un ciel azur, appelant alors un bien être appuyé
par moult sentiments positifs. Ces derniers passages sont quasi-constamment
appuyés par des chœurs plutôt bien foutus et vous
ne serez pas très étonnés si je vous dis qu’ils
dominent, en nombre, les instants plus ombrageux. La production simple, voire vétuste, et les arrangements cheap, sans faire entrer ce disque de plein pied dans le panthéon du kitch, dégagent un parfum 90’s poussiéreux. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Les riffs ne nous pètent pas à la gueule, la batterie ne sonne pas comme un troupeau de buffles apeurés, la basse n’est pas assomante… et alors ? Ce disque à au moins le mérite de la simplicité, nous présentant sans détours ses chansons, sans se cacher derrière un arsenal technologique devenu condition sine qua none pour mériter la discutable étiquette de « groupe qui déchire ». Cet album est malheureusement entaché de nombreuses embardées speed, réflexes archaïques jalonnant les morceaux et dont le groupe à du mal à se défaire : double à fond, voix haut perchée et riffs moins construits, enchainés à vitesse grand V. Ces interférences limitent beaucoup la portée du disque en décrédibilisant les morceaux ambiancés. Imaginez qu’en plein milieu de notre marécage intimidant se trouve posé… un nain de jardin grassouillet ! Le père Hansen repartira de plus belle sur les routes du speed metal allemand stéréotypé avec les albums suivants. Qu’importe, malgré les dérives évoquées au paragraphe précédent, il s’est posé l’espace d’un disque et nous a prouvé que dans un genre aussi dogmatique (surtout en 1995) et bien qu’en s’appelant Monsieur ex-Helloween, on pouvait se permettre de tendre vers des ambiances moins attendues. |