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Tracklisting:
1.
Vanity
2. Fashion Show
3. One Hell of a Prize Fighter
4. I Don't Mind
5. Short Walk Down a Long Hallway
6. Gorgeous
7. You Broke Like Glass
8. Critic
9. In the Closet
10. Sonic Death Monkey
11. There Is Always
12. Love in Autumn
4/20 |
A la base, je ne suis pas fan d’Eighteen
Visions. Disons plutôt que je ne connaissais pas, que j’en
avais un peu entendu parler, que ce soit en bien ou en mal.
Par je ne sais quel miracle, le disque se retrouve chez moi. On va vite
passer sur la pochette dégueulasse rose fuchsia. Feuilletage
du livret, bien épais. Bah y a rien dedans si ce n’est
leurs têtes (ultra lookés façon emo rock’n’roll
hardcore kids ricains soit tout dans le gel et les tatoos old school)
et les titres des chansons. Ça vaut bien le coup d’abattre
des arbres pour faire un livret 24 pages avec rien dedans. Y'en a des fois, on se demande...
Ça y est, je commence à m’énerver.
C’est vrai qu’ils commencent forts avec leurs têtes de
lovers MTV et leur livret inutile. Bref… Je retourne ce CD et
que vois-je, ils sont signés sur Trustkill. Sans trop me creuser
la tête, je sais déjà que ça va se balader
entre hardcore et metal (aller, on va dire hardcore new school pour
parler comme en 1997), avec une légère pointe d’émo
vu les têtes des mecs, le tout saupoudrées de mosh parts à
se luxer les clavicules. Et puis surtout, à côté
du logo Trustkill, je vois le logo Roadrunner. Mmmhhhh… ça
laisse présager que du bon cette histoire. Roadrunner qui prend
Trustkill sous bras (et Ferret pour l’occasion, oeuvrant dans
un style similaire), ça sent pas forcément le gage de
qualité mais ça sent plutôt la nouvelle manne financière
/ hype qui va vite virer à la saturation du marché et
à la mort prochaine de ces labels. N’oublions pas que Roadrunner
est quand même le label le plus efficace quant au meurtre de style
par surproduction de groupes à la qualité décroissante
(remember the 90’s and death-metal).
Mais je m’égare, je m’égare. J’ai pas
encore écouté ce Vanity et c’est quand même
l’objet de ma chronique. Bon prince que je suis, je vais quand
même l’écouter. Déjà, je ne me suis
pas trompé quant à la musique. Je suis d’une clairvoyance,
je me surprends moi-même, hahaha ! On passe le premier riff qui
tape dans un hardcore new school à la production léchée
(pour pas dire lisse et insipide) pour tout de suite enchaîner
avec le passage en voix claire, héritage des nettement plus intéressants
Vision Of Disorder, mais qui là, a au moins le mérite
d’accentuer mon énervement pré écoute. C’est
convenu que ça en peu plus, ça transpire le néo
metal qui cherche une crédibilité hardcore / emo, bref,
c’est chiant. Et le reste de l’album va continuer dans la
même lignée, alternant vocaux hurlés et voix claires,
passages mosh et riffs volés à Deftones, avec de temps
en temps des petits passages acoustiques histoire de dire « on
est des gars sensibles, on n’est pas que des bourrins ».
Argh ! Et plus j’avance dans cet album, moins j’y décèle
une âme ou une authenticité qui pourrait rattraper le coup.
Non, vraiment rien. Le pire, c’est que ça ne doit même
pas être un produit étudié pour le marketing. Non,
non, la démarche du groupe doit être véritablement
consciente et ça, ça m’énerve, surtout que
c’est étiqueté hardcore. Permettez-moi de m’insurger,
de m’enflammer mais le hardcore, ce n’est pas avoir du gel
dans les cheveux et des tatoos rock’n’roll tout en gueulant
sur un ersatz de metal moshisant. Oui, le hardcore, c’est une
certaine attitude mais attitude ne veux pas forcément dire pose.
Le hardcore, c’est un certain état d’esprit, qui
se ressent plus qu’il ne s’explicite, c’est un engagement
personnel et / ou socio-politique, pas des jérémiades
de post ado attardés… Même Deftones sonne plus punk
que vous. Bref, je ne vais pas continuer sinon je vais partir dans des
généralités qui n’ont pas lieu d’être.
Quoiqu’il en soit, outre le fait de charger pour les légions
de groupes vains et poseurs qui ne demandent qu’à infecter
nos platines, Eighteen Visions nous livre un album d’une platitude
édifiante et d’un ennui profond, me faisant penser qu’il
y a définitivement trop de groupes et de labels complaisants
en ce bas monde. Vite, tant qu’on y est,
vous me remettrez bien un petit coup de lance-flammes sur cette infâme
rondelle de plastique et le papier glacé qui l’accompagne
tellement c’est laid.
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