DEMOLITION HAMMER - Epidemic of Violence - 1992 ( Century Media )

Tracklisting :

1.Skull Fracturing Nightmare
2 .Human Dissection
3 .Pyroclastic Annihilation
4 .Envenomed
5 .Carnivorous Obsession
6 .Orgy Of Destruction
7 .Epidemic Of Violence
8 .Omnivore
9 .Aborticide

17/20

1992, le death bat clairement son plein, plus de doute, exit le thrash, terminé, obsolète sans intérêt...et déjà depuis 1990. Seule une poignée de groupes subsistent (Slayer avant de devenir transparent sur « Diabolus… »), seuls les vieux classiques trouvent encore grâce aux oreilles des fans en attente de fraîche brutalité death métallique (sainte année 1986). Attention, je ne jette pas la pierre, il faut dire que la scène thrash était devenue ultra saturée de combos sans intérêts et que presque tout avait été dit. Par ailleurs, le death était clairement arrivé à maturité en rehaussant le niveau de brutalité et de noirceur du metal. Si on ajoute à cela le retournement d’un Metallica, certes loin d’être la locomotive qu’il avait été avec ses 2 premiers albums, et ses rougissement de honte dés qu’on prononçait thrash devant eux…que dire ?

Coté relève... mouais.. .le seul vrai nouveau truc dans le thrash depuis a été Machine Head et son premier album qui s'avérait en fait juste être un album bien produit avec quelques excellents riffs enrobés de plans bien sexy/accessibles prenant parfois des allures d'annonciateur du « nu-thrash metal », le tout mené par un ex thrasheur s'étant acheté des baggies et un passé de bad boy. Ne parlons pas du Sepultura de « chaos AD », album certes « sexy », mais avec des compos parfois ultra bidons (« Slave New World ») et un coté « nu » de par sa facilité. Le seul combo vendant encore et portant les couleurs du thrash auprès de grand public (mais aussi du power metal de par son coté mélodique/ballade) était Pantera et son « Vulgar Display.. » suivi d'autres trucs bien moins inspirés (quand ils ont arreté de s'inspirer, pour causer aimable, de Exhorder en fait).il était donc temps de sortir des best of (Exodus, Forbidden, Dark Angel ) pour les labels.

Bref point de salut. Que reste t’il à faire pour le thrash en 1992 alors ? Et bien moi, je vais vous dire, pas la peine d’essayer d’innover, il reste encore de bons riffs assassins à sortir, de l’agressivité à revendre, du vice à expulser…ce qu’il reste à faire pour redorer le thrash en 1992, c’est Epidemic Of Violence de DEMOLITION HAMMER.

Existant depuis 4 ou 5 ans, fort de 2 démos et un album, Demolition Hammer signe là son meilleur album et presque un classique du thrash. Cet album s’avère être une leçon, un « state of the art » dirait-on en anglais, une sorte de petit recueil de ce que le thrash a de meilleur. C’est d’ailleurs pour cela que cet album n’est que « presque » un classique : il n’a rien de novateur, juste une énorme paire de couille, un chanteur enragé, venimeux ne connaissant pas de répit, un batteur carré, diversifié martyrisant son kit et sa double sans pitié, un duo de guitare balançant une orgie de riff acérés agrémentés de soli bienvenus le tout servi par une production étouffante et de qualité.

Dés « Skull Fracturing Nightmare » on est pris à la gorge par un riff martelant slayerien et la voix d’enragé de Steve Reynolds, les enchaînements de riffs sans pitié et survolés d’un solo nous amène à un bon vieux break écrasant à 1:35 min maintenant la pression avant de redémarrer sur les chapeaux de roue. Une fois le morceau fini, on aura bien compris qu’on se trouve dans une cocotte minute blindée à ras bord de riffs vicieux, sans pitié, le tout au bord de l’explosion…cadence soutenue…style saccadé et rugueux de mise.

Le second titre s’il démarre plus lentement est tout aussi implacable avec son gros riff muté genre tronçonneuse. Hop une accélération bourrine qui colle au fauteuil et c’est reparti pour un tour. Sur « Pyroclastic Annihilation », si le chanteur paraît plus mélodique (chien enragé mélodique, c’est fort ça !), que les chœurs amènent de la texture au chant, ce titre est surtout un manuel du petit thrasheur riffeur fou, efficace et prenant.

« Envenomed » est pour moi un des meilleurs titres, super rythmé, le chant se fond dans la dynamique du premier riff et l’intro n’en est que plus dantesque. Le refrain aussi tiens, et puis le break aussi et puis le solo et puis… je…c’est bon…ahhh…je…ahhh…trop tard…mon pantalon...on dirait le Kreator du « Pleasure To Kill » remis au goût du jour et bien plus percutant, implacable…sonnant bien quoi…et oui désolé je sais que certains vénèrent Kreator mais pour m’être récemment retaper « Pleasure To Kill » et bah ça a quand même vieilli. Peut être parce qu’à l’époque Kreator privilégiait parfois la vitesse aux riffs et balançait des soli...disons... hum..kitsch… De toute façon, le Kreator nouveau sonne bien gentillet et mélodique à coté de Demolition Hammer.

Bref, un pantalon plus tard, dur de succéder à « Envenomed », le morceau suivant est un peu moins bon, pour moi l’intro est trop bateau, d’un autre coté ce genre de plan est classique du thrash et Demolition Hammer se devait, dans cet album qui prend figure de leçon, de faire figurer un truc plus calme à base d’accord slidés comme ça…heureusement qu’après on a droit à une partir ou le groupe s’énerve peut être le plus de l’album avec un blast. Le titre reste quand même trop linéaire.

« Orgy of destruction » est un instrumental assez cool mais sentant un peu le titre avorté.
Viennent ensuite les 3 derniers titres de cet album, peut être les meilleurs. Je pourrais me lancer dans du dithyrambique mais pas la peine, la chronique est déjà bien longue….du gros thrash vous l’aurez compris…

Bien que thrash, l’album a quand même un coté moderne: production assez dense, jeu de double de Vinnie Daze, accents death du chant de Steve Reynolds et de certains riffs mais surtout une ultra agressivité et une intensité n’ayant carrément rien à envier aux plus intenses groupes de death de l’époque et surclassant 95% des albums purement thrash….du brutal thrash en fait que ce disque…le tout tenant le passage du temps !

Un album assez ultime donc…une belle performance…chaudement recommandé aux fans de thrash brutal et rugueux (pas trop soft/mélodique mais plutôt européen) et à tous ceux qui ne connaissent pas ce style. En général les albums aux chansons touchant les 5 minutes me cassent souvent les couilles mais là c’est la leçon du petit riffeur/arrangeur fou. On pourra certes, outre le manque d’originalité dire que ça manque de « hits » (il y a quand même « Aborticide » et son refrain) mais bon, franchement, une fois l’écoute finie vous aurez la tête tellement truffés de riffs mémorables….et puis il y a aussi cette petite linéarité inévitable quand on présente un truc de cette intensité !

Allez…zou…fi de considération sur l’originalité du truc dans la note je mets 17 et je vous emmerde !