DEMIGOD
- The Slumber of Sullen Eyes - 1992 (
Drowned
Productions ) |
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Tracklisting:
13/20 |
Certainement
la pierre angulaire de la courte carrière de Demigod, ce ‘Slumber
Of Sullen Eyes’ arrive un peu après la bataille. En 1992,
le death scandinave avait déjà tout dit, pour ce qu’il
avait de bon à dire (par décence ne parlons pas de la
suite). Ce skeud n’avait rien de révolutionnaire, mais
proposait une alternative à une scène suédoise
over-hypée, puisque ce groupe est finlandais. Le son est globalement
moins crade, sans être aseptisé. Il y a plus de réminiscence
du thrash US dans les rythmiques, ainsi qu’une légère
touche doom qui n’est pas sans rappeler les débuts de Gorguts
(surtout dans les soli de guitare, étrangement proches). L’exécution
est vraiment bonne, sans être débordante de virtuosité,
c’est simplement propre et bien joué. Si les rythmiques
sont sans originalité, les mélodies de gratte atteignent
parfois un degré d’intensité réjouissant,
comme sur le 1er titre, l’éponyme et l’instrumental
‘Perpetual Ascent’. Les guitaristes font clairement preuve
de compétence dans ce domaine car le point fort de cet album
est certainement les ‘envolées’ mélodiques
lentes et bien dark et le travail sur le son des grattes, avec des sonorités
puissantes, riches et très variées. Du même standard
que les 1ers Entombed, ce qui n’est pas peu dire. |
Demigod est probablement un des plus connus de la scène finlandaise. La démo « unholy Domain » de 1991 est une boucherie. Si on excepte un « Anxiety » trop classique dans la recherche de la brutalité, « Unholy Domain » est remarquable de lourdeur. La touche morbide est moins présente que chez d’autres compatriotes, mais c’est compensé. Ne retrouvant pas les touches atmosphériques du LP, Demigod s’illustre par un coté plus brutal, un peu comme Purtenance ou Convulse. La touche Finlandaise n’est pas absente de cette démo dont le point d’orgue est « Reincarnation ». Très bonne démo… Le groupe concrétisa ensuite avec « Slumber of Sullen Eyes », pour lequel nous ne partageons pas la même perception au sein du zine (cf. chronique ci-dessus). Lourd, presque caverneux, le groupe déploie avec réussite ces passages doomy qui sont pour moi une des marques de fabriques du death Finlandais. De prime abord classique, « Slumber… » contient pas mal de plans morbides et cette touche mélodique bien Finlandaise. Pas révolutionnaire (parfois chiant) ou même à porter au pinacle du death metal, cet album n’en reste pas moins intense et souvent gavé de feeling et de conviction. Lourdingue…et avec quelques moments magiques (notamment tout le title track). Si le style n’est pas original sur le papier, Demigod déploie tout ceci de manière personnelle. On pense aux mélodies qu’un Pestilence développait sur des riffs du type de celui du couplet de « Lost Souls ». Le style lorgne logiquement parfois vers le death US (sans non plus le faire autant que Convulse). Pour ceux qui d’ailleurs accrochent à ce fabuleux title track, qui déploie ce coté atmo que j’adore, je conseille Depravity. Superbe travail aux grattes, sobres mélodies morbides. On ajoute un très bon son. Mais en 1992 que faire avec un bon album dans sa besace mais aux rythmiques trop classiques et à l’esprit trop bêtement death metal… en 1993 il était déjà trop tard. Demigod a quand même tenu le cap en sortant promo sur promo mais sans succès à une époque de vide intersidéral pour le death metal. A noter un come back récent avec albums bien dispensables qui à mon sens ne font qu’écorner une semi légende. Le seul mérite qu’on pourrait leur reconnaitre est d’avoir remis le nom du groupe sur le devant de la scène.