Figure
mythique du DMS crew (Doc Marteen Skinheads, Demonstrating My Style
et encore plein d’autres significations au choix), regroupant
des groupes comme Agnostic Front et Madball, Crown Of Thornz, emmené
par Lord Ezec (Skarhead), apporte un léger souffle d’air
frais dans une scène New York Hardcore gonflée à
la testostérone mais néanmoins fatiguée et ayant
un peu de mal à se relever de d’une première moitié
des 90’s particulièrement difficile pour elle.
Plutôt que de suivre tête baissée ses compagnons
d’armes dans un hardcore métallisé et bourrin, Crown
Of Thornz, emmené par des musiciens inspirés, préfère
jouer la carte de l’émotion et de la sensibilité.
Mais pas trop quand même, y a quand même une réputation
de Tough Guy à maintenir !
S’engouffrant dans la brèche ouverte par Burn, Quicksand
et Orange 9 mm, les New Yorkais s’essayent ici à un hardcore
mid tempo, relativement groovy et surtout armé de mélodies
un brin mélancolique (le jeu du guitariste Mike Dijan, mâtiné
d’influences orientales, y est pour beaucoup). Lord Ezec, malgré
sa dégaine de gangsta de Brooklyn, fait des efforts sur un chant
certes fermement ancrée dans la tradition hardcore mais avec
quelques légères touches mélodiques. On est encore
loin de la qualité vocale de Quicksand ou d’Ignite mais
l’intention est là.
Musicalement, Crown Of Thornz réussit son pari en s’extirpant
des clichés NYHC et nous pond ici un MCD de bonne facture, énergique,
sensible et honnête. Certains morceaux comportent de vrais moments
de bravoure, à l’image du premier morceau ou de Juggernaut.
Un effort aussi a été fait dans les textes qui, même
s’ils sont loin de remporter le prix Goncourt, touchent à
des sujets et des ressentis personnels. Malheureusement, les racines
DMS / NYHC sont toujours présentes et ça se sent dans
le texte de Juggernaut, sorte d’ode skinhead casseur de punks
ventant les mérites des vrais gars de la rue (sic). Pour info,
les skins version NYHC, n’ont rien à voir avec les boneheads
dont on parle à la télé mais sont ici une part
de la faune urbaine New-yorkaise, un brin réac mais pas politisée.
Plus une histoire de crew, friendship & unity qu’autre chose.
Pas bien méchant mais pas bien finaud. Ce côté skin
‘‘respectable’’ a pas mal servi à d’autres
skins beaucoup plus engagés politiquement de se refaire une virginité
en passant à la blanchisserie NYHC… Bref, pas la peine
d’épiloguer 107 ans là-dessus, c’est juste
pour votre culture générale les newbies.
Et histoire d’étoffer cette culture, un petit mot sur Lost
& Found, label Allemand célèbre pour avoir enculé
nombre de groupes en sortant des albums live, rééditions
et autres objets sans la moindre autorisation des dits groupes. La classe
quoi ! On peut se demander en toute légitimité si Lost
& Found a reversé les royalties de ce skeud au groupe, ou
pire, s’il leur a seulement demandé l’autorisation
de presser de disque.