CONSOLATION
- Brave Melvin from the Southern Point - 1995 (
Displeased
Records ) |
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Murder 7/20 |
Ceci
est un assez bon exemple de ce machin qu'on a appelé brutal death.
Mais un assez bon exemple de brutal death ça reste trop mauvais
pour moi. J'ai tout essayé. Y'a rien à faire. Je trouve
ce style chiant comme tout, artificiel (le son en plastique étant
quasi toujours de mise), même pas brutal (désolé pour
le nom donc) et... oh la on va m'envoyer des tomates, mais je m'en fous
puisque ma chro est anonyme: débilement mécanique. C'est
ça. Débilement mécanique. On parle rarement du brutal
death en de tels termes, mais réflexion faite c'est d'une évidence
clarissime. Référence à la façon dont la musique
est exécutée: carrée, froide, précise, et
pesée de telle sorte que seule la partie la plus primitive du cerveau
musical n'y trouve éventuellement son compte, les seuls ressentis
possibles étant purement physiques ("ça fait headbanguer/ça fait pas headbanguer, ça donne envie de se bouger le cul à tel rythme, les breaks font fondre les neurones, etc"). On dirait une musique écrite et jouée par une machine, une grosse machine métallique qui passe par ailleurs son temps à broyer des os, et destinée à être écouté par d'autres machines, programmées pour réagir de telle manière à tel stimulus, de telle autre manière à tel autre stimulus, etc. En plus ils sonnent tous pareil ces groupes: de la double partout, alors qu'il n'en faudrait qu'à certains endroits bien choisis, et mixée façon "papier peint", une grosse voix "gru gru", et des guitares/basse dont les rares mélodies, les harmoniques sombres et le groove se noient rapidement, quand ils existent, dès que le "gru gru", forcément sur-mixé et très présent, se met à gueuler assez fort dans nos oreilles pour qu'on finisse inévitablement par penser "ssstooooop! par pitiééééé!" Plus insupportable que ça, à part les groupes de néo-metal les plus indigestes et ceux qu'ils ont pu influencer (jusque dans les scènes black et death, aïe) je ne vois pas. Bon
vous voyez le tableau quoi... si vous n'avez jamais supporté
ce style, ce n'est pas Consolation qui vous fera changer d'avis. Dans
le cas contraire, vous pouvez y aller les yeux fermés, vu qu'on
a entendu des groupes aux partoches nettement moins lisibles que celui-ci.
(Plutôt que de me renvoyer dans les cages à miel les dernières
compiles de merde qui me sont passées sous la main afin de vous
donner une liste d'exemples dont je me branle, exemples que vous pourriez
exiger sous peine de trouver que je ne fais pas mon boulot de chroniqueur
correctement, je vous incite à faire ce "travail" vous-même.
Un exemple ou une liste d'exemples, c'est meilleur quand ça augmente
la pertinence de la chronique -- à savoir ce qu'elle peut enseigner
au lecteur -- plutôt que sa crédibilité -- à
savoir ce qu'elle peut dévoiler sur l'auteur) Et si vous aimez
le brutal death, vous pouvez peut-être m'expliquer POURQUOI c'est
si excitant pour les groupes et pour leurs fans de se prendre pour des
machines? Vous pouvez peut-être m'expliquer aussi POURQUOI le
jeu des musiciens et le son obéissent systématiquement
à la logique du "tout au max"? Car il me semble qu'à
force Vous avez sans doute compris que je n'ai pas grand chose contre Consolation, que le modeste 7/20 que j'accorde à ce CD n'est qu'une expression numérique du (peu de) plaisir que je prends à l'écouter, et non une évaluation du positionnement de "Brave melvin from the southern point" dans la scène brutal death, étant donné que j'ai une résistance coriace à ce style. Qui sait? Peut-être un jour arriverai-je à résoudre les "pourquois" et à y voir enfin plus clair. Ce jour-là, Consolation est un des premiers groupes que je (re)tenterai, car j'ai quand même trouvé un feeling particulier à ce disque, feeling qui malheureusement ne me saute pas aux yeux dans les parties normales (ou alors trop peu), mais plutôt dans les quelques passages plus calmes, plus sombres, ou plus lents du disque, pendant lesquels Consolation m'apparaît soudainement mais trop brièvement comme un groupe à part... vous avez entendu la fin de "Moribund" par exemple? Pas mal non? Ou alors le passage presque symphonique dans "Stahlhelm"? Ca déchire ça putainggg conggg! Comme quoi... |