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Tracklisting:
1
– Have patience
2 – One on the ground
3 – Cut to length
4 – For all you are
5 – Still it sells
6 – Chain smoking
7 – Did it pay the rent
8 – Every reason to
9 – I am not the first
10 – This is the last
11 – I took a year
15/20 |
Coalesce,
Coalesce… La 1ère fois que j’ai entendu parler
de ce groupe, c’était en 1996. Ils venaient de sortir
un mini CD sur Earache que j’avais eu l’occasion d’écouter
alors et j’avoue avoir reçu alors une claque monumentale.
Trois titres d’un hybride brutal de hardcore, métal et
noise, comme si le Napalm Death de ‘‘Fear, Emptiness,
Despair’’ et ‘‘Diatribes’’ croisait
le fer avec Today Is The Day d’Amphétamine Reptile (remarquez,
si on se replace dans le milieu des 90’s, on est en plein dedans).
Rythmiques syncopés, riffs dissonants, voix écorchée,
impression d’étouffement, structures chaotiques enchaînant
plans sur plans avec une facilité déconcertante, la
musique de Coalesce attaque directe à la gorge et écrase
sa grosse patte sur votre poitrine, histoire de perturber un peu plus
vos fonctions respiratoires. Earache a eu du nez sur ce coup là,
un split avec Napalm Death est même sorti. Mais Earache, pour
je ne sais quelle raison, n’a pas gardé ce prometteur
poulain dans son écurie.
Bref… quelques 7’’ traînent dans les mailorder
et je me jette dessus avec avidité jusqu’au jour où
au hasard de mes recherches je tombe sur ce ‘‘Give Them
Rope’’. Le voilà enfin le premier véritable
album de Coalesce ! Démarrage sur les chapeaux de roue avec
‘‘Have Patience’’, déjà présent
sur le split 7’’ avec Converge. Amplitude quasi maximale
sur l’échelle de Richter. Batterie, basse, guitare, voix,
tout rentre en même temps en une masse sonore compacte où
le rythme binaire n’a pas lieu d’être, la complexité
mathématique règne en maître, le sens mélodique
annihilé et les riffs accrocheurs totalement absents. Pris
dans un véritable cyclone dans lequel surnage la voix grave
monocorde et étouffée (principal changement depuis le
mini sur Earache) de Sean Ingram, on cherche avec désespoir
la moindre bulle d’air. On peut chercher longtemps. Coalesce
renvoie Jacques Mayol dans sa baignoire et instaure de nouveaux records
d’apnée et qui plus est, en milieu hostile. S’emboquer
‘‘Give Them Rope’’ d’une traite relève
du stage commando chez les Marines ou de la performance SM tant cet
album atteint des sommets de brutalité, d’aridité
et de densité. Mais qu’on ne s’y trompe pas, en
faisant l’effort de s’immerger dans ce chaos sonore, ‘‘Give
Them Rope’’ est un album d’une grande richesse et
originalité avec un niveau technique mettant à l’amende
la plupart des groupes hardcore new school de l’époque.
Les paroles sont également très hermétiques.
Ingram semble régler pas mal de comptes avec son entourage,
la ‘‘scène’’ et ses modes de pensées
institués, le politiquement correct. Tout le monde en prend
pour son grade. Ingram est également connu dans la scène
pour ses déclarations politiques fracassantes et ses prises
de parti à l’opposé de certains discours récurrents
de la scène hardcore. Ingram républicain ou provocateur
? Peu importe, ses paroles mettent le doigt sur de nombreux points
sensibles et comportements. De plus, le monsieur possède un
certain talent pour l’écriture : I come from rock that
came from nothing. I come from dead to copulate and condescend. So
here I scream in coincidence, and there you listen without hearing
a word. Still it took a year to hear a thing. Have patience as the
combination waits to form one ounce of trust, and your faith the same
[…].
Cette parenthèse littéraire fermée, je ne saurais
que trop vous conseiller de jeter une oreille à ce disque,
non seulement pour le style mais également pour l’influence
que Coalesce a sur la scène post hardcore actuelle. Avec Rorschach
et Deadguy, Coalesce est le père spirituel de tous ces groupes
chaotiques oeuvrant dans la surenchère de riffs et de rythmes
chaotiques, une référence indiscutable pour tous les
fans des productions Hydra Head, Willowtip, Robotic Empire, Escape
Artist ou encore Relapse.
A noter que cet album a été réédité
récemment sous le nom de ‘‘Give Them Rope She Said’’.
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