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Tracklisting:
1 -The Sunday Driver
2 - Not Today I'm Not
3 - Clinton St. Blues
4 - Human Interest Story
5 - Feed Mr. Glass
6 - Work Related Injury
7 - Long Distance Dedication
8 - Both Barrels
9 - Dot. Com.
10 - She Is Here
11 - Planet Caravan
14.5/20 |
Fin des 90’s, un jeune label originaire
de Boston commence à faire parler sérieusement de lui.
Maison de Cave In, Converge & Botch, Hydra Head grandit rapidement,
proposant à chaque sortie de l’époque des groupes
originaux et une esthétique léchée.
Cable ne fait pas exception à la règle. Après un
premier album de bonne facture sorti sur Doghouse, le quartet devient
trio et durcit, pour ne pas dire salir, sévèrement le
ton. Du métal hardcore déchiré de base, proche
d’Acme et de cette nouvelle vague hardcore Allemande d’alors,
il reste l’agressivité tranchante caractéristique
du genre. Sauf que le style commence à saturer légèrement
et que les gars de Cable sont trop intelligents pour se laisser enfermer
dedans et devenir un énième ersatz des cultes teutons.
C’est donc à grand coup d’une noise crade façon
Today Is The Day des débuts / Unsane et d’un sludge poisseux
que Cable va assaisonner sa musique. Un régime loin d’être
amaigrissant, bien au contraire. Les tempos s’alourdissent, les
ambiances se plombent et même si les gaziers viennent du Massachusetts,
on a plus l’impression de se trouver dans les bayous de la Louisiane
tellement le son est crade et dégueu, pour mon plus grand plaisir.
Rajoutez à ça 3t de disto sur la voix, des structures
alambiquées, des passages en son clair… pas très
clair et vous aurez une idée de comment sonne Cable sur Gutter
Queen. En terme d’ambiance, un côté malsain et tendu
prédomine. Le disque fout mal à l’aise. Les quelques
passages mélodiques sont mis à mal par des disharmonies
bien senties. Quant aux passages plus stoner, ils sont tellement appuyés
qu’on a plus l’impression de se prendre un pain dans la
gueule qu’envie de taper du pied et hocher de la tête. Cable
ne respire pas la joie de vivre et possède une manière
bien à lui de l’exprimer. Ici, pas de jérémiades
ou de d’instrumentations de cordes pour exprimer cette détresse,
mais plutôt une odeur d’asphalte, de tabac froid, de bière
cheap et de whiskey frelaté, impression renforcée par
des textes noirs, mis en scène comme des saynètes se déroulant
sur les routes, croisant à l’occasion quelques rednecks.
Si Deliverance avait été tourné dans les 90’s,
le trio aurait pu signer une partie de la bande son. Ou à la
limite participer à celle de Gummo. Vous situez l’ambiance
?
Gutter Queen entraîne péniblement l’auditeur dans
sa déchéance, jusqu’au glauquissime She Is Here,
fausse ballade tournant sur quelques arpèges, d’une simplicité
déroutante mais d’une profondeur abyssale. En bonus, histoire
de détendre un peu l’atmosphère (ou du moins faire
semblant de), Cable nous gratifie d’une excellente reprise de
Planet Caravan de Black Sabbath, à mon goût nettement meilleure
que celle de Pantera.
En ce qui me concerne, cet album reste le meilleur que Cable aie jamais
composé, les suivants s’engluant dans un stoner / sludge
moins personnel et inventif.
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