Si on interroge pas mal de métalleux sur la Finlande, on aura les
3/4 du temps droit à un couplet sur Children Of Bodom ou si on est
plus chanceux Beherit et Impaled Nazarene. Une autre petite partie
mentionnera à coup sur les Thergothon et Skepticism. Bref comparé
aux UK avec leur NWOBHM ainsi qu’une scène grind, à la Suède et son
superbe death metal dont le revival n’en finit plus, etc etc, la
Finlande parait plus terne. Pour autant les anciens se manqueront
pas de mentionner à juste titre la scène death du début des
90’s. Bref, et heureusement pour elle la Finlande ne fut pas la
France.
Le pays a produit non seulement quelques groupes assez uniques mais a
son école de death. Certes on ne pourrait parler de death finlandais
comme on pourrait parler de death suédois mais il y a un truc. Plus
porté sur la lourdeur que la Suède, exempte de l’influence d beat/punk
logique de la Suède, la Finlande produit un death morbide, sombre aux
mélodies typiques.
Pour autant en parcourant ces lignes vous constaterez une certaine
hétérogénéité et noterez que tout ne fut pas génial. A court de temps
et peu convaincu de l'intérêt de faire une thèse d’histoire sur le
sujet, je n’ai pas creusé plus que ça sur le où (Turku, Oulu...), le
quand (1987/88 à 1993 avec probablement Abhorrence en tête de pont),
ni le comment (les rencontres lors de shows cultes façon 1er concert
de Morbid Angel en Suède).
Désolé donc pour le coté liste mais en même temps tout n’est pas lié
de manière logique...ce fut juste comme ailleurs une explosion death
metal irréfléchie. N’y voyez pas simplement les divagations d’un vieux
fan de death, pour lequel cette scène tient à cœur. En effet, quelques
rencontres via notamment via démo m’avaient marquées et faits parties
de mon apprentissage du death mais objectivement la qualité est là et,
plus important, on y trouve parfois une réelle personnalité. Ne perdez
donc pas votre temps à écluser tout le revival swedish old school
(quant ce n’est pas le revival Incantation) qui a lieu en ce
moment. Au lieu de chercher la démo de Eviscerated, le prochain
release de Cerekloth ou de vous pignoler sur Father Befouled cherchez
donc plutôt la superbe démo «Unholy Domain» de Demigod (91), ou
«Silence of the centuries» de Depravity.
C’est parti... et on ne pouvait que commencer par Abhorrence...
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Abhorrence (89-90): ultra jeune au moment de pondre la démo «Vulgar Necrolatry» au son spécifique et morbide, ce groupe est parfois retenu comme pré Amorphis même si cela n’a rien à voir du tout. Reconnaissons qu’au tout début c’était proche (« Vulgar Necrolatry » a même atterri sur le 1er de Amorphis). Très farouche, chargé de reverb et sans concession, le groupe pilonne sans réfléchir et pose quelques parties ultra lourdes morbides. Un peu hype depuis l’exhumation faite par Funebrarum via une reprise sur le split avec Interment (swe), Abhorrence fut un des premiers, si ce n’est le premier à pondre du death en Finlande. Sans être ultra typique, il y a quelque chose dans les 2 releases du groupe. Quelques superbes riffs mais un style assez influencé death US 80’s et pas non plus hyper cryptique. A noter un gros changement de son pour l’ep avec guitare façon nid d’abeille. On regrette la prod de la démo « vulgar necrolatry » qui apportait une touche spéciale. Malgré tout un titre comme « disintegration of flesh » envoie du bois… Bref, de jeunes gens qui furent parmi les 1ers et à la démo outrancière. Pour continuer la chose je vous propose d’attaquer par les combos les plus lourdingues. |
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Purtenance (90-92): lourd, lourd, lourd et relourd. Cet adjectif, propre de la scène death Finlandaise s’applique clairement à Purtenance. Maitrisant les accords pesants, déployant sobrement quelques mélodies simples et glaciales. La voix brutale ravira les fans d’Incantation et autre noirceur. Ne dédaignant pas des accès de violence, sans doute trop classique et donc daté pour son propre bien ainsi que pour l’attention de l’auditeur, Purtenance conquerra le cœur de ceux qui ont connu ou adoré les cryptes poussiéreuses du début des 90’s. Très diversifié dans le riffing, Purtenance est plutôt mature quand il s’agit de composer un titre. Les tempos sont variés et les compositions globalement fluides. Le tout servi par un son typique et puissant. Une fois de plus, la Finlande s’illustre par un travail de chorus simple aux grattes mais faisant mouche quand il s’agit de sortir une petite mélodie sombre. Evidement on retrouve des parties lourdes et morbides ainsi que d’autres plans catchy sur presque chaque titre. Plus brutal que ses comparses, n’hésitant pas à blaster, Purtenance fait partie de ces groupes, qui sans faire partie de l’élite du death, a su traverser les âges et la réédition par xtreem est plus que justifiée. J’aime beaucoup ce release qui je trouve rend justice à ces parties rapides typiques de l’époque. Si elles ne sont pas géniales d’un point de vue riffs, elles dégagent généralement l’esprit qu’il faut ici bas. La bonne maitrise des alternances rapides/lentes est une caractéristique du groupe. Evidement les re-releases contiennent les démos… typiques d’un époque, pleines de feeling… elles sentent la vieille crypte… miam… La encore, en 1993 trop tard… mais n’empêche que… après reconnaissons que le groupe n’a pas écrit de titre qui troue le cul comme Demigod a su le faire avec le title track de « slumber of sullen eyes ». |
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Dans cette case, même si c’est bien moins brutal, je mettrais bien Depravity auteur d’un mini-lp vraiment excellent et aux mélodies 100% Finlandaises. On retrouve ces passages un peu heavy atmo à la Demigod. Très réussi, on retrouve aussi ce sens typique de la mélodie Finlandaise, parfois pas si éloigné que ça de certaines mélodies que produisait Pestilence sur «Consuming impulse» ou surtout plus tardivement sur «Testimony of the ancient». |
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Funebre (88-91) : Un des premiers combos death du pays, Le groupe pond
une 1ère démo « Cranial Torment » en 1989, bien lourde, brutale, pas
morbide par contre elle ne sort pas du lot (ou plutôt de flot) de
démos death de l’époque. C'est une démo lourdement influencée par le groupe du même
nom (Death !!). Pas de quoi sauter au plafond même si reconnaissons le c’est bien fait. Il
faut attendre la « demo II » pour voir le son Finlandais dantesque
apparaitre (et certes les influences suédoises, merci la disto et les
riffs à la « Reveal in flesh » de vous savez qui). Cette seconde démo,
qui inclus d’ailleurs un titre qui sera repris sur l’album, est le 1er release notable de Funebre: tout
commence ici bas. |
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Demilich (90-93) : Forte personnalité de le scène, trop souvent à
l’époque mis en avant pour sa voix inhumaine à une époque ou les
débiles mentaux portaient cannibal corpse au pinacle pour leurs covers
choquantes. Le vrai truc intéressant est plutôt leur death assez tordu
et barré. Dur d’accès mais unique, je ne peux que vous inviter à aller
lire la chro plus complèteici bas. |
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Nomicon (90-01) : avant de devenir un bouse BM, ce combo a sorti une démo « tri angle » suivi d’un split avec Sarnath. Sympa à connaitre pour se la jouer en soirée. Très alambiqué et expérimental, du demilich thrashy et jazzy, une touche de Carbonized… bref ça sort du lot mais à part ça… ha... si je sais… hyper horripilant. Après ça a tourné en beumeuh… |
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Disgrace (87-94): Finissant sa carrière Death Metal avec un album un peu Carcass, Disgrace, originaire de Turku comme beaucoup, fut un des 1ers combos DM du pays. Un album, « grey misery » à la production moins épaisse que les démos (il faut mettre les aiguës à zéro), une cover à la police rose bien mimi… et c’est à peu prés tout ce qu’il y a à dire. Carcass (2eme), Carcass, Carcass… oui j’exagère il y a un peu d’autres trucs, quelques parties heavy bien senties mais sincèrement ne perdez pas votre temps. Rien de cryptique… ou de captivant… un nom qui revient pourtant souvent... allez savoir. |
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Xysma (88-98) : assez à part, une fois la période grind passée, On retiendra surtout les 2 premiers albums, véritables pionniers du death n’roll mais écoutable (pas comme « Wolverine Blues » que je ne peux pax encadrer vous l’aurez compris). La suite j’ai moins aimé, sorte de Heavy rock death… trop gentillet mais Xysma a continué à tracer sa route sans se poser de question... on jette les voix death sur « Lotto » carrément rock gentillet par moment. Rien à voir avec du metal… Je vous invite à vous plonger dans une chro plus sérieuse par ici. |
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Lubricant (90-93): pour la faire facile on range dans la case Xysma, death, grind, rock, groove assez personnel et un peu déjanté, « Nooklepia » est à tenter (la démo «swallow the symetric swab » étant plus Carcass sans le gras mais avec le groove). Rien de cryptique ou de lourdingue… la encore Carbonized pourrait être cité en plus de Xysma comme point d’accroche pas trop lointain. |
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Sentenced (89-05): Avant de devenir le truc que c’est aujourd’hui
Sentenced a démarré comme combo de death standard. L’EP de 1991 en
atteste, grosse influence Death (Leprosy), un peu de Paradise Lost
(1er). On note de suite un soliste déchainé, trop technique et show
off malheureusement. Pas vraiment mémorable malgré de bons arguments
sur le papier, le death de Sentenced n’est pas assez morbide et en
fait les prémisses d’un « Amok » sont posés dés l’intro cucul de «
when the moment of death arrives ». La suite est mieux, on a
l’impression d’entendre le Death (y compris au chant) de Leprosy ou
Spiritual Healing. Bref un combo Death Metal très générique malgré des
compos pro, un son très bon dès les démos, pas mal de riffs, de chorus
aux grattes… le tout manquant de sincérité ou de morbidité (trop
souvent froid et sans âme). « North From Here » sera plus personnel et
notable, mais hors sujet (et gonflant à mes yeux malgré un superbe «
Northern Ligth »). |
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Mythos (92-99): Impaled Nazarene a émergé et Mythos est une sorte de
version death d’un Ugra Karma. La batterie très linéaire est bloquée
sur 2 rythmes (un lent et un blast). Tous les phrasés de gratte ou
presque sont en tremolo. Ca bourrine... Jouissif quelques minutes et
invoquant parois une certaines noirceur (« Unreal Moon »), les titres
de « Pain Amplifier » (1995) sont interchangeables rendant cet album
longuet et chiant (et ce n’est pas la reprise de Carcass qui va
relever le niveau et encore moins les cris ridicules de chattes
poussés sur « the last orgy »). Extrême dans la forme, mais plat dans
le fond. La demo « moulded in clay » (1993) récemment rééditée s’avère
plus sympa mais pas dispensable. Bref connu parce qu’il y a du ex
Impaled Nazarene et Belial dedans. |
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Necropsy (87-93) : pas typiquement Finlandais, des velléités de poser un style plus chiadé, sans être vraiment technique mais avec pas mal de riffs. Les débuts sont un peu longuets et impersonnels. Le groupe pondra quelques morceaux bien construits parmi un gros stock de démos à la qualité trop inconstante malgré un potentiel palpable. Bref on retiendra surtout le ep « Never Again » malgré une voix sonnant trop forcée. Sincèrement et sans vouloir être méchant, quitte à creuser les limbes du passé, autant passer à une autre scène que la Finlande une fois que vous en arriverez là. |
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Putrid (90-91) : pre God Forsaken, Putrid propose, du moins sur la demo « exhumation » (j’avoue je n’a pas creusuer plus) un style proche de Celtic Frost/Obituary avec une touche de Autopsy. Assez cliché mais bien fait, farouche, bête et méchant. Un coté doomy prononcé apportant une petite touche Macabre comme Autopsy le faisait sur certains de ces riffs. Le son est bon en plus… Le style délaissera ses oripeaux death rapide pour devenir un doom death sur l’ep God Forsaken, sans doute influencé par le 1er Paradise Lost (mais pas que, on sent aussi une touche des débuts de Cathedral dans ses inspirations Black Sabbath façon « Soul Sacrifice » etc). Pas inintéressant… |
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Phlegethon(88-91) : Assez personnel, le groupe s’est construit sur le thrash (cf les 2 premières demos dont « Neutral Forest » assez agressive), a intégré le death dans un style je le répète personnel. En atteste par exemple le morceau d’intro du ep « Fresco Lungs » de 91 restant quand même fondamentalement thrash. Malheureusement le groupe n’a pas réussi à concrétiser un potentiel tangible en se perdant dans un surplus de riffs inutiles. Je passe la reformation en 1995… |
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Cartilage(91-92) : qu’y a-t-il de Finlandais dans ce death, bien fait, impersonnel qui saturait la scène à l’époque ? Dispensable à l’époque, cela n’a pas changé ! |
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Garcharot (90-94 puis reformation ces jours-ci): 1994 mouais tardif. Des débuts grind/gory death… puis une résurgence très récente avec... surprise… un style plus death suédois… bref rien de transcendant. Well well well, que vous dire ? « Blessedness » d’une de leur démo a un couplet ressemblant à celui de sacrificial suicide de vous savez qui… voilà… voilà... hors sujet avec leur style de l’époque et, avec leur style actuel, pas plus efficace (ou légitime) que pas mal de jeunes groupes dans le style old school nordique… |
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Agonized (91) : death lourdingue grindifiant… pourquoi pas, il y a quand même le facteur obscur et ultime… si tu aimes te vautrer dans du gras poussiéreux. |
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Carnifex (91) : plus US technico brutal, le seul truc à savoir c’est qu’ils viennent de Kokkola… marrant comme nom vous ne trouvez pas ? |
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Obfuscation (92-95) : death grind très très marqué Carcass (pas la période pure grind)… bien fait… sympa comme ça vite fait mais j’ai plus assez de temps libre… d’ailleurs j’arrête d’écrire de suite… même si j’ai conscience de descendre le truc un peu vite en catégorisant comme ça... il n’en reste pas moins que bof bof... |
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Pestigore (90-92): mouais, un groupe de death/grind comme il en existait 10 000 à l’époque… pas la peine de continuer. |
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Vomiturition (91-95) : une démo death thrash, puis un ep death puis un ep death grind, puis un unique album death mélodique un peu suédois (voir légèrement beumeuh) ? Vous suivez ? Est-ce bien nécessaire de toute façon ? |
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Interment (89-91) : pppff j’en peux plus laissez moi tranquille... |