BOLT THROWER s'est formé sous
l'impulsion de Gavin Ward, fan de punk (et autres Antisect, Crass, Discharge,
Slayer), début 87, dans la région de Birmingham, pour
officier dans un style plutôt Punk Hardcore/Thrash. Après
une première démo en Avril ("In Battle There Is No
Law"), Gavin passe de la basse à la guitare, Jo Bench arrive
pour prendre la basse. Il ne manque plus que Karl Willets aux vocaux
pour former le line up mythique responsable des grandes heures de Bolt
Thrower.
Un premier album voit le jour en "In
Battle There Is No Law" : 30 minutes plutôt primitif, mal
produit, assez rapide, grind voir punk avec quand même quelques
moments plus doom (le title track est pas mal du tout) et puis le downtuning
caractéristique de Bolt…. Pour autant il reste assez anecdotique
à mes yeux, leur premier vrai album pour moi étant Realm
Of Chaos voir Warmaster.
Ils quittent leur label (Vynil Solution), axé hardcore et n'ayant
cure du death/grind, pour signer sur Earache devenant ainsi une de leur
première signature. De plus en plus death/grind, ils pondent
"Realm Of Chaos - slaves to darkness" avec un artwork assuré
par GameWorkshop (producteur de jeux de rôle, de wargames comme
warhammer, warhammer 40 000...), qui a visiblement apprécié
la seconde peel session de BOLT THROWER. Les lyrics sont axés
sur la guerre et certains directement inspirés de jeux de plateaux
(warhammer 40 000).
Ce disque leur permet de partir sur la légendaire tournée
GRINDCRUSHER avec Morbid Angel/Napalm Death/Carcass. Une troisième
Peel Session puis "Warmaster" sort. Grâce à cet
album, BOLT THROWER se fait connaître et assoit sa réputation
grâce à une meilleure prod et un style bien downtuné,
plus peaufiné, plus doom lorgnant vers le BOLT THROWER qu'on
connaît aujourd'hui.
Suit "The IVth crusade" dans lequel les cotés grind
ont disparu pour ne retenir que l'épaisseur et le doom de "Warmaster".
Cet album est proche de la perfection, mieux produit, et montre la force
et la personnalité de BOLT THROWER. Ils ont développé
leur propre son et leur propre style : une musique dense, massive, magistrale,
basée sur des chorus doublés de gros accords, recette
simple mais efficace. Les lyrics quant à eux sont basés
sur la guerre, la fin de l'humanité et expliquant parfois comment
la religion et la convoitise y participent. A partir de cet album, le
style est défini et BT ne bougera plus d'un iota.
En 94 sort "...For Victory" qui marque malheureusement le
départ de Karl Willetts et de Andy Whale : ces derniers imprimaient
leurs marques dans la musique de BOLT THROWER. Karl avec sa voix "étouffée"
et Andy avec ses patterns (voir Spearhead sur "The IVth crusade").
Ce disque comporte des parties un peu plus rapides mais reste fidèle
au style "38 tonnes dans ta gueule" de BOLT THROWER. Martin
Kearns (il partira avant "Mercenary", remplacé par
Alex Thomas) prend la batterie et Martin Van Drunen le micro (il sera
dégagé vite fait d'ailleurs). Virés d'Earache ils
signent chez Metal Blade et Karl revient chanter pour "Mercenary"
en 98, avant de partir définitivement.
Après un long silence le groupe
est revenu en 2001 avec Dave Ingram (ex Benediction) au chant et Martin
Kearns de retour à la batterie pour le moyen "Honour - Valour
- Pride". Le groupe est depuis à nouveau à la recherche
d’un chanteur.
Ce groupe est un dinosaure, issu de
l'explosion grind anglaise (Napalm Death, Electro Hippies...), qui est
resté fidèle à certaines valeurs punk (ils organisent
eux même leur tournée, refusent les vidéos etc...),
sincère et qui a développé SON propre son et SON
propre style. La qualité et la puissance de leur musique (notamment
sur "The IVth crusade) sont réelles...malgré la répétitivité
des titres et des albums, ils restent captivants...peut être grâce
à ces riffs presque hypnotiques.
La chro maintenant :
Avec cet album, la bête est clairement
lâchée. Beaucoup d’éléments sont là
: déjà gros downtuning , passage doomy assez terrassant,
voix étouffée de Karl, jeu sobre de Andy.
Par contre le groupe lorgne encore pas mal vers le speed/thrash et blaste
à tout va. Et c’est là, à mon avis, que le
bas blesse. Je m’explique : à l’époque (1989
quand même) ce skeud était assez énorme de par sont
coté bien heavy et chaotique, il a du marquer les esprits comme
une bonnepetite machine de guerre. Par contre, avec du recul, et même
les membres du groupe le disent, les parties rapides ont clairement
mal vieillies que ce soit de par les riffs eux mêmes que par les
patterns de batterie posés dessus. L’écoute de cet
album est donc, selon moi, rendue un peu éprouvante/horripilante
par ces parties peu inspirées (vues de maintenant). Je pense
que le titre « Plague Bearer » illustre bien ce coté
chiant. Pour autant le coté grind/speed d’époque
mixé avec le gros son et les parties plus heavy est assez cool
sur « Drowned In Torment ».
Le bon point réside dans le son
de gratte heavy et des riffs lourds et bien posés à la
« World Eater » (trop long d’ailleurs) ou de façon
plus barbare sur « Dark Millenium », « All That Remains
». La prod n’est pas trop mal, ça reste assez chaotique
quand ça accélère mais cela contribue au coté
épais de la musique.
Bref, je conseille ce skeud aux fan
et à ceux qui veulent faire un trip « back in the days
» pour se ré-imprégner de l’ambiance du death
de l’époque. Les premières armes du groupe restent
honorables mais pas transcendantes comparées aux albums suivants.
En tout cas grosse influence sur la scène death et doom.